mardi 14 février 2012

Réunionite aîgue!



          Ah les voyages!!!  C'est toujours trop bien!     Et les retours!!!    C'est toujours pourri!

      J'en suis des fois à me demander pourquoi repartir si c'est pour prendre trois semaines à s'en remettre...
Çe doit être normal, on reste sur le cul pendant un moment car on était pénard, les fesses dans le sable avec la personne qu'on aime. On a vu de belles choses, mangé de super trucs, bu des boissons fantaisies, attrapé des poissons aux couleurs et aux formes inimaginables puis ce qui devait arriver finit par arriver... 




 Il faut reprendre une activité, faire parti de la société pendant un certain temps,  travailler pour avoir gagner le droit de la requitter et repartir encore plus loin.

L'île de la Réunion c'est un concentré de ce qui se fait en Océanie. C'est tout petit mais ça fait très mal, un peu à l'image de leur piment cabri...
On peut dire que cette île c'est deux volcans qui sortent de l'eau atteignant 3071m dont un encore capable de cracher du feu.
Tout les cinq kilomètres le climat change, un vrai calvaire pour évaluer la météo du lendemain mais quel bonheur pour les yeux.

La végétation passe de luxuriante à quasi désertique en quelques mètres. Des trombes d'eau vous détrempent et en quelques secondes c'est le soleil qui vous demande gentiment de retourner faire une sieste..
Vous pouvez choisir entre plage de sable noir aux vagues surpuissantes ou plage de sable blanc pour bain de pied dans un super lagon...





                     
 
La carte postale plus ou moins décrite avec ces paysages aux multiples facettes passons aux poissons



Niveau eau douce:
Pas de bête incroyable mais des truites arc en ciel qui se reproduisent naturellement sur l'île depuis une cinquantaine d'années.
Malheureusement pour elles les cyclones et les pluies torrentielles ne leur laissent pas beaucoup de temps pour grandir et les envoient régulièrement nourrir les requins!

Cela dit, elles sont relativement tranquilles. La pêche en mer représente 99.9% de l'activité halieutique sur l'île. J'ai donc fais parti des 0.1% qui se tentent à grimper les parois verticales de ces  montagnes... en pleine forêt primaire.. et tout ça  pour des truites!




Ma première journée était en fait une randonnée d'entrainement pour préparer le GR R1 qui par la suite m'aura autant fait de mal aux jambes que de bien aux yeux! Nous sommes Mèl et moi même descendu à "Grand Bassin", en gros 700 m de dénivelé négatif, pause à la rivière ou plutôt au fameux "grand bassin" puis évidement chemin inverse en montée... Arrivé en bas on a les jambes qui tremblent tandis qu'arrivé en haut on est bourré de crampes.



Ça nous à laissé assez perplexe sachant que deux jours après on y allait pour une semaine entière...


     Entre temps j'ai quand même pu tremper du fil: petite canne spinning spécial poissons nageurs de 3 à 5 cm de chez Garbolino (nickel pour la truite). Le torrent est magnifique, l'eau est assez fraîche mais se sera un capot. Il faut dire que j'ai tenté le coup en pleine après midi sous 35 degrés puis à vrai dire les truites étaient bien plus haute sur le cours d'eau...


Arf revanche!! 
La deuxième tentative fût la bonne: Rivière Langevin après un orage. Le contexte de cette session ne me plaisait guère, il venait de tomber une brave sauce, d'énormes blocs rocheux se décrochaient des falaises qui entourent la rivière, j'étais seul, et le sentier était fermé. Bref je ressentais une certaine pression.
Mais c'était ma dernière chance d'attraper une truite de la Réunion.




Après 45 mn de marche j'arrive au lieu dit Cap blanc, j'ouvre mon agrafe, lui enfile un petit leurre de chez Smith et je me mets à remonter la rivière. les cailloux glissent à mort, l'eau n'est pas très chaude et la brume recouvre les forets de Filaos (résineux du coin).
Ça y est! Je suis dans mon élément, c'est magique, j'ai vraiment l'impression d'être seul au monde et cette sensation de danger me pousse encore plus à éveiller mes sens.

Dans ces moments le pêcheur fait preuve d'une une extrême concentration.



Les truites sont bien là, et bien active en plus. L'orage a du ouvrir leur appétit et faire tomber quelques proies à l'eau. 3ème lancé je ramène par saccades et bim une tappe franche, je ferre! Première truite arc en ciel des tropiques! Wouhouu elle doit faire 22cm, c'est pas la folie mais je la contemple dans cet environnement si improbable avant de la relacher!


 Tout au long de l’après midi j'attraperais une dizaine de poissons, pas de monstre mais de belles truites combatives au ventre bien rempli! Elles sont super agressives, le fait de ne subir qu'une très faible pression de pêche les laisse libre de dévoiler leur hargne à tabasser tout ce qui passe. Je les ai même tenté avec des leurres que l'on fait nager à la surface (stick bait), un peu comme un lézard qui traverse. A peine aussi grosses que le leurre il faut les voir venir y taper dedans comme des goinfres!
Je n'imagine même pas le résultat de ces attaques avec des poissons de 50 cm...




Passons à  l'océan! 
J'ai jamais trop de chance avec l'océan, cette immensité où l'on ne sait jamais où lancer tellement les choix sont nombreux..

Pourtant c'est comme en rivière, il y a des postes, des courants, des petits poissonnets tout mignons et des poissons trés méchants pour les manger!!
La vie se déplace, s'organise autrement dans l'eau salée mais au final c'est simple, il faut savoir observer le milieu et connaître les moeurs des poissons: Lire l'océan.

Bon j'avoue, pas si simple que ça...





J'ai commencé du bord avec ma petite canne à truite dans les rouleaux de Grande Anse. Hop je decide de pécher avec un petit jerk-bait blanc très efficace pour le bar..
Décors de rêve, maillot de bain, (gros coup de soleil sur le front)....
Sur l'un de mes premiers lancés j'ai pris une frappe! Un petit capitaine (appellation locale qui n'a rien a voir avec l'autre capitaine) aux couleurs fluo se débat bien, il doit faire 1 kilo et finira par se décrocher à mes pieds... Pfff !! Ça, c'est mauvais signe.. D'ailleurs je ne ferais plus rien de la journée.


Dans ma boîte ou plutôt mes boites j'ai pris tout un arsenal allant du méga Popper à Carangue au mini leurre souple pour le Rock fishing (pêche dans les rochers).

Résultat pour le Rock fishing: quelques petits poissons fort sympathiques!



Ce style de pêche consiste à traquer les poissons de roche. Chez nous on va plutôt rechercher des rascasses, gobbies, blénnies, petits loups et le tout avec de petits leurres.





A la Réunion le rock fishing c'est comme pêcher dans l'aquarium, notre  leurre souple avive la curiosité d'un paquet de prédateurs. Le spectacle est magnifique, à tel point que l'on ose pas ferrer de peur d'abimer ces bijoux marins.
Cette technique est vraiment sympa pour découvrir les poissons d'un nouveau spot, avec du matériel léger les sensations sont garanties!







Le rock fishing a tout de même ses limites quand on connait le potentiel de l'océan indien! On finit par regarder au large et des questions vous envahissent la tête!

 Il doit bien avoir des trucs énormes là dedans! Où est ta mère toi petit poisson???
Peu à peu l’œil glisse vers la canne plus puissante, vers des leurres plus imposants....
Le problème qu'on a quand on pêche du bord, c'est qu'on veut toujours lancer plus loin.


Plus loin c'est là que sont les gros: les bonites, les thons, les thazards, et les requins dont la réunion se traine une sacrée réputation!


Et bien plus loin c'est prendre un bateau........

Nous avons rencontré un pêcheur professionnel qui nous a permi de nous frotter aux pélagiques de la Run! Un petit réveil à 4h du mat, un petit dej et c'est parti nous montons à bord de son bateau!
Bouu je me rends vite compte que ça remue autrement qu'en Méditerranée...



Au bout d'une heure de navigation et après avoir plongé ma tête trente secondes dans mes boîtes de pêche je suis mal, très mal. D'un coup d’œil je regarde Mèl, elle a l'air nickel sourire aux lèvres, scrutant l'horizon. Il faut assurer, je fais style que tout va bien....C'est quand même moi le pêcheur!
 

Une heure après on arrive enfin sur le spot et les poissons sont au rendez vous.

Autours d'un DCP les oiseaux tournoient, il y a des mouvements à la surface, des poissons sautent, c'est des thons jaunes, ils sont en chasse!!!!
Ah tout d'un coup ça va mieux!!! Tout fou, je prends la canne et accroche un leurre que m'a conseillé le "capitaine"!
Je laisse donc dériver un espèce de calamar rose fluo et bim, décroché, rebim, redécroché, rerebim , pendu!!! Et d'un petit thon jaune! superbe poisson, un vrai missile! Je passe la canne à Mel, même sanction et premier thon!




     L'euphorie des premières prises laissera place au chaos, les creux de trois mètres nous rendront à l'évidence, nous allons nourrir les poissons à grand renfort de café, tartines et autres fruits prédigérés. Bref pâté, oulla ça va pas bien, pas bien du tout!

Au final on aura attrappé en 45mn de pêche pour 2h de navigation 4 thons jaunes et une bonite.
On en gardera un sacré souvenir!




Ce fût les derniers poissons sortis de l'eau du séjour.
Niveau pêche à la mouche je ne leur aurais pas fais bien mal aux dents!
J'aurais pu m'acharner un peu plus en mer mais pour prospecter je trouve "le leurre " plus efficace ou du moins plus facile.















Un pauvre Tilapia finira quand même hors de l'eau et non sans mal!! Il aura fallut passer  l'ensemble de mes mouches sous leur nez!!!!










Voilà, il est temps de plier soigneusement tous ces souvenirs, de remettre des chaussettes et d'affronter la dure réalité qui dit que les bons moments ont une fin.










lundi 30 janvier 2012

Leurre est au bilan!




            On y est, la carte de pêche n'est plus valide, la tresse est usée, les hameçons ne piquent plus, les poissons ont les dents propres et les arbres n'ont plus de feuille... Ce froid engourdissant, cette nature comme à l’arrêt me donne envi de rêvasser, de laisser vagabonder mon esprit à travers les souvenirs de parties de pêche de cette année....

 
    C'est quand même bizarre de ne pas se lasser, de ne pas en avoir sa claque de rentrer avec les mains qui puent le poisson, de se rendre compte que le jean tout propre est désormais HS, plein de mucus de carpe, de marcher des heures dans les cailloux, de se faire traiter de noms d'oiseaux car on a relaché un poisson mangeable ou pire: :
ne rien attraper!!







C'est quand même bizarre d'en vouloir toujours plus, de s'acharner à s'en rendre complètement abruti... C'est peut être ça l'addiction, la drogue...
Ou peut être qu'en fait.....
En fait la pêche ne serait  qu'un moyen, qu'un prétexte, qu'une excuse pour se retrouver complice voir immergé par cette chose, cette chose qui ne déçoit et ne décevra jamais: la nature.


La pêche pourrait être une manière  assez égoïste voir cruelle de se sentir en harmonie avec son environnement naturel mais elle nous permet de faire ressortir le caractère sauvage, agressif, palpitant des milieux aquatiques ne répondant qu'à un seul besoin: la survie.




La pêche nous rappelle que nous sommes des hommes et que depuis toujours elle a accompagné notre évolution. Notre pratique actuelle est le résultat de cette évolution, ce besoin de pêcher qui n'est certes plus un besoin vital mais le sentiment de faire parti de cette nature qui nous fascine.

Cette saison fût riche en émotion avec la découverte de la carpe à la mouche, avec la volonté de pêcher de plus en plus à la mouche... Je n'oublie pas les carnassiers, au contraire, ma boite contient des leurres intéressant pour chaque espèce de manière à devenir le plus polyvalent possible, s'adapter à toutes les situations. Une canne pour attraper tout et n'importe quoi, ne pas se surcharger de matériel histoire d'être simplement libre, discret, fondu dans la ripisylve.
M'imaginer changer de mouche pour passer d'un brochet d'1m16 à une carpe d'environ 15 kilos en quelques minutes d’intervalle était pour moi inconcevable, désormais je peux dire: " Quel souvenir!"
Bref, ce que je retiendrai de cette saison c'est que la mouche exerce l’œil, l'esprit et nous apprend à lire entre les lignes de la rivière.




mercredi 21 décembre 2011

Portrait d'une pêcheuse...





Voici Mélanie, Mèl, Mélane, plus connu par les poissons sous le pseudo:

"Dentista"!!

 Patatrak nous voila à 2 pour détartrer, fraiser, nettoyer ces vilaines dents que cachent nos amis les poissons.. Il est  vrai que j'avais bien besoin d'une assistante histoire que la poscaille arbore le plus beau des sourires!
Puis tout de même c'est bien beau d'aller pêcher tout seul, ça fait du bien, ça vide la tête mais quand même!!
Quoi de mieux que de se retrouver au bord de l'eau avec sa belle, hein!,???
Tout a commencé par une balade sur les berges au lac du Salagou.
J'étais pénard avec ma canne à pêche à scruter la surface quand soudain des poissons se sont mis à sauter dans tout les sens puis à hurler, oui à hurler " ah non pas elle, c'est Dentista"!!!!!!!
C'est les yeux écarquillés devant ce spectacle que je vu surgir de derrière des peupliers, sac à dos et chaussures de marche aux pieds la cause de ce barouf... Une jeune et belle femme souriante.. Qui faisait peur aux poissons...


Plus sérieusement "dentista" a un très bon potentiel (pêche) :-), technique de lancé très vite assimilée, persévérance de débiloss à arriver à ses fins et une sacrée dose de patience (oui il doit en falloir pour me supporter)!
Mais cette année, il aura quand même manqué un truc, ce truc qui te mets direct à croc à la pesca!!
On appelle ça: "la chance du débutant"! Et bien Mel ne l'a pas encore eu et quand on pêche durant une journée entière en barque sur un super lac après avoir fait 350 bornes et qu'on attrape strictement rien, ça fait mal au cul... Heu comment dire, ça démotive un poil, mais c'est aussi ça la pêche! A force de patience, de persévérance et de bons moments passés au bord de l'eau le petit jésus de la rivière te fera un petit cadeau et ce beau jour: BINGO! Le brochet d'un mètre cinquante!


Cela dit Mélanie a sorti quelques belles bêtes!



 

                                            KOUCH KOUCH

lundi 28 novembre 2011

Une aprés midi de rêve.



Il y a des jours comme ça où l'on a envie de dire MERCI!!
Tout avait commencé par ces images que certains chanceux affichent sur les magazines, sur leur blog, ces images de brochets jurassiques ou autres brocodiles, mais sans oser se frotter à ces monstres venus d'une autre ère, un brochet d'un mètre, ça fait rêver tout pêcheur sur cette terre!

Cette barre mythique du mètre est devenu une obsession naissante à chaque prémisse de l'hiver..
Lorsque le froid arrive, je pense brochet et quand je pense brochet je me dis... Un jour viendra où le dentiste détartrera les 700 dents d'une grosse maman!!!

Lors de mon dernier article je vous ai fais part de ma frustration de fin de journée de pêche.. Un gros poisson avait coupé mon fil... Et bien vengeance!
J'y suis retourné avec Adrien, pas pour le brochet mais plutôt pour les carpes. Ce coup ci elles furent têtus! Impossible de les piquer, elles refusaient nos nymphes et autres mouches fantaisies! C'est souvent comme ça, on amène quelqu'un sur un super spot, on n'hésite pas à fanfaronner sur ce coin magique voir unique en son genre puis ce dernier s'avère foireux..
Jusqu'au moment où je lance un timide "Adrien y a le brochet"... A ce moment ça fuse dans ma tête, je commence à ressentir une forte pression du style "méchant laxatif"! Non je déconne c'est juste une image, bref  je paniquais gravoss mais le coup était prévu, la veille, j'ai monté un beau streamer blanc et orange et glissé une crinelle en titane dans ma banane histoire de réagir correctement à la vue d'un brochet..
Il était ou plutôt elle était (car les femelles deviennent plus grosses que les mâles ) à une vingtaine de mètres de moi en train de longer l'autre rive.
Tout en la suivant discrètement,  j'ai changé mon leurre et je vous assure que ce n'est pas évident de suivre des yeux le poisson de ces rêves au mimétisme démesuré en faisant des nœuds et en en marchant...
Le premier posé fut limite limite.. Je suis gêné par les arbres qui se trouvent derrière moi et je rappelle que je pêche à la mouche il me faut donc de l'espace pour projeter mon faux poisson..
le deuxième posé est mieux, je laisse le streamer couler lentement et j'émet une légère tirée qui fait onduler les poils de cette grosse mouche. le broc l'a repérée et s'approche... FFFFFFFFIIIOOOUUUU la pression
monte d'un cran!!
Une deuxième tirée et le broc accélère, il se retrouve à 50 centimètres du streamer.... Bouuu l'adrénaline bat son plein!! Mais la grosse maman tourne la tête... REFUS! Elle fait mine de se barrer, je remets un petit coup qui fait décoller le leurre du fond tel un gardon à l'agonie, elle se retourne, ouvre sa grande gueule et aspire ma mouche... Ni une ni deux j'envoie tout tremblant un gros ferrage!!! Je gueule "je l'ai piquée"!!!!!

Me voila pendu au brochet, à THE BROCHET!! La bête se débat, me prend du fil, je suis aux anges!!! En plus tout est filmé, en live!!! Ça méritera une bonne vidéo " la quête du mètre".
La bagarre ne durera pas des heures et la défense de se gros poisson fut un poil décevante mais une fois hors de l'eau il est énorme, il affiche 116cm!!!! VLAN Premier brochet à la mouche et record explosé!
Quelques photos et je relâche la bête dans son élément...








L'après midi touche à se fin, nous rentrons tranquillement. Quelques carpes refusent nos mouches mais c'est pas grave j'ai un méga sourire affiché sur mon visage niais..


Le jour commence à baisser, on y voit plus grand chose mais je distingue la silhouette d'une carpe en maraude..
Je dis à Adrien " allé, on sait jamais", ultime tentative: je dépose ma mouche à environ un mètre de la carpe, la mouche descends doucement et se retrouve face au poisson et comme par magie la carpe aspire la mouche surement par curiosité "c'est quoi ce truc, ça se mange??" Et BIM ferrage!!!
C'est parti pour 20 bonnes minutes de bagarre, le tracteur est débridé!!! Mais le dentiste est sur-motivé! je rentre dans l'eau et après quelques tentatives la voila la tête dans l'épuisette! Elle doit faire 16 kilos.. Enfin je pense..






Photo du soir et hop, nous l'observons repartir paisiblement...
Cette fois ci il faut rentrer, je suis trempé jusqu'aux genoux, il fait froid, la nuit tombe mais je m'en fous, je suis heureux. MERCI




mardi 22 novembre 2011

Les pêcheurs préfèrent les grosses...

             Alors oui, je vous vois déjà faire une drôle de tête.. Certains ont même un petit sourire en coin ..
Mais où veut il en venir????
Quand je parle des "grosses" bien-sur je parle des poissons, ou plutôt des carpes car quitte à traquer des carpes , autant qu'elles soient balèzes.. Puis sans jeu de mot et sans entrer dans une quelconque vulgarité je peux vous assurer que ce genre de poisson ça tire...


         Bref  mon week end a commencé par un vendredi aprem de libre! Wouhouuu canne et matos balargué dans la voiture me voila en route pour mon coin à mémères!
C'est l’œil brillant que je longe le cours d'eau en scrutant le moindre mouvement, la moindre bulle en surface, le moindre remous...
C'est le genre d'exercice qui vous déglingue les yeux, on finit par avoir des hallucinations, on imagine des poissons de partout prenant la forme de bouts de bois, de cailloux, de tonneaux jusqu’au moment ou là c'est un vrai poisson et en l’occurrence plusieurs poissons.
Le coeur accélère et je propose ma mouche.. Mon streamer noir coule assez rapidement face aux carpes qui l'ignorent carrément... Pffff ça s'annonce galère.. Puis les voila qui se mettent à monter en surface histoire de gober quelques merdouilles.


 
Vite je change de mouche et j'opte pour une boule de poil que je propulse à un mètre d'une des plus jolies. Ni une ni deux elle s'avance tranquilloune et aspire ma "'patate"! Bada boum ferrage, ça démarre au car de tour, le moulinet chante et je me dis "la caméra"!!!! Je met la canne entre mes jambes, je fixe la caméra sur mon teston et là, la soie se tend, je sent que ça force et patatrac le fil casse..MERDASSE!!!
Un nœud s'était formé autour de la manivelle... Dégouté... De plus je n'aime pas laisser ce genre de piercing dans la bouche des poissons même si j'écrase les ardillons.
Tout à refaire.

Un bon quart d'heure plus tard, je tombe nez à nez avec un groupe de trois belles mémères!
Là, faut pas déconner! On assure et aprés on filme.. Deux faux lancés et mon stream noir descend à quelques dizaines de centimètres de la plus balèze.. Oh pu...ain  elle vient dessus, se met à la verticale et propulse sa grosse bouche au dessus de ma mouche..1,2,3 j'envoie un maxi ferrage et vlan!!! Démarrage en trombe!

ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ, Mon moulinet se vide à la vitesse de l'éclair tandis que la belle fonce vers un  amas de branches imergées... Vite il me faut la  brider , je serre le frein du moulin... ça suffit pas il me faut galoper le long du cour d'eau, me faufiler à travers un arbre pour reprendre du fil.. peu à peu je prends le dessus, je me jette à l'eau, fais passer la tête dans l'épuisette (oui le reste ne rentre pas) et voila une brave bestiole digne du nom de "grosse" dans mes bras!!!
La photo s'impose avant la remise à l'eau! Merci madame!


         Deux jours plus tard, c'est à dire dimanche, le temps n'est pas top, il pleut il y a du vent.. Rien de bon...
Puis coup de tête: on part faire un tour au bord de l'eau avec ma copine... Bon il va falloir assurer le steak!
Comme d'habitude la pêche commence par le repérage des poissons et aujourd'hui les carpes sont très difficiles à trouver.. Conditions météo peu propices: mauvaise lumière, petit vent qui ride la surface, pluie...DUR dur..
Jusqu'au moment ou je repère un groupe de poissons, de très gros poissons et cette fois c’était pas un tonneau.. Je propulse une espèce de mouche assez grosse, cette mouche ne ressemble à rien , et pourtant après quelques posés infructueux j'aperçois un mouvement, une des carpes s'est déplacée, elle est maintenant à deux mètres de moi, je l'aperçois à peine sous les vaguelettes, je pose la mouche qui coule rapidement.. Elle s'approche.. Je vois rien.. Bon, je décide de ferrer on sait jamais.. Elle l'avait bien dans le bec!!!
Et c'est parti!! Énorme remous en surface!!! La grosse se déchaine!!!!!! Le combat durera une bonne vingtaine de minutes! Et une de plus au panier après une sacrée bagarre!!!

 Sur ce coup j'ai ferré instinctivement, c'est assez rare de ressentir une touche, généralement les poissons aspire et recrache aussitôt le leurre... Quand la visibilité est aussi difficile il faut improviser et sur ce coup j'ai eu du bol.. la voila sous plusieurs angles!




Cette journée c'est tout de même finit par une méga sensation!!
Lors du retour à la voiture; l'œil toujours actif à scruter la berge d'en face j'ai repéré une forme linéaire en mouvement.. C'était long mais bien plus clair que les carpes. Mais c'est quoi ce truc????

Purée un brochet! Une poutrasse de plus du mètre!!! Et dire que ça fait des années que je veux en attraper un! L'adrénaline monte d'un coup: il me faut changer de mouche, je ne dois pas le perdre de vue, il a l'air en chasse et la lumière baisse peu à peu... L'angoisse: Je n'ai pas de crinelle acier! Tant pis tempête je le tente quand même! Au bout de mon 30 centième fluoro j'attache un gros stream blanc en plume de poulet! Un premier lancé dépose la mouche à 1m50 sur la droite du poisson, il s'arrête et se retourne.. OUFFA... Je décide de relancer, et là c'est mieux: mon faux poisson tombe à 1 petit mètre devant le broc, j'émet une petite tirée puis une deuxième. Pause et le monstre s'avance, ouvre sa gueule et referme ses 700 dents sur ma mouche!!!
Je me mets à gueuler "Je l'ai farci"!!!! (J'appelai ma copine comme un enfant qui vient d'attraper le père noel)!
Le monstrass est monté en surface, a mit un coup de tête de droite à gauche histoire de me faire un gros "NON" et coupa mon fil... Je ne l'aurais tenu que 5 secondes et je vous laisse imaginer mon état de frustration léthargique de grosse larve blasée suite à cette perte... 
Avec du recul je me dis que c'est pas grave et que j'y retournerai pour récupérer mon streamer d'entre ses dents! J'en profiterai aussi pour lui faire un détartrage! Mais quand même je me dis aussi que j'aurais pu le piquer sur le coin de la gueule, que j'aurais enchainé carpes et broc du mètre sur la même canne la même aprem... Y a pas à dire la pêche à la mouche s'adapte à tout les poissons et nous réserve plein de surprises!!!

Voici quelques  mouches que j'utilise:


Il faut savoir que tout type de nymphe, écrevisses, chiro et autres bidules fonctionnent. A vous de trouver
 celle qui convient au moment à l'endroit et aux habitudes alimentaires des poissons.
 Ci dessous la mouche à barbe....