dimanche 19 avril 2020

TORTURE 6 les bergers de l'aube


            

Assidûment, le berger guette, il surveille son troupeau. Soudain, les loups montent des profondeurs explosant la surface et l’étincelant d'écailles aux milles reflets. Comme si rien ne c'était passé, le calme majestueux de la montagne efface les dernières preuves.  

        Cette saison, la truite a comme un goût d'amande amère... Pas de session pour moi, voyage oblige et pour vous ? Peut-être 3 jours pour les plus chanceux.
Un mal pour un bien penseront les plus optimistes. En même temps c'est pas faux, rien de mieux que notre absence pour laisser respirer la nature. Quand je parle de notre absence c'est bien une absence totale sans professionnel, sans impact lié à nos activités. Mais ne nous mentons pas, sans les sentinelles que nous sommes il y aura des dégâts et des abus. Espérons tout de même que dans l'ensemble toute cette affaire puisse profiter à la nature. Une croissance optimale des truitelles, une belle fraie du bass et du sandre puis plus simplement un peu de calme au bord de l'eau.

Le grand voyage que nous menons (plus de 11000 kilomètres ) depuis le 15 juillet nous aura fait découvrir énormément d'endroits dont beaucoup sont sauvages. Enfin quoi qu'on en dise l'homme est partout et son impact se ressent où que l'on soit. En France et c'est mon avis, on a un super potentiel, on a de l'eau (pas énormément), on a du poisson mais tout cela stagne dans un sale état ; comme à moitié abandonné.
Une sensation de ne pas faire les choses jusqu'au bout.
« On pourrait mais on fait pas ». C'est con hein ?
Du coup tout le monde est responsable et comme ça tout le monde se tire dans les pattes. Politiques, agriculteurs, pêcheurs pro, pollueurs, gestionnaires, ddtm, fédés, aappma et particuliers. Une belle soupe à la merde où l'on est tous le con de l'autre.
-Prendre de vraies résolutions en matière de gestion.
-Fixer de vraies amendes qui font très mal au cul et qui financeraient une vraie garderie! (Car malheureusement il n'y a que ça qui fonctionne chez nous...)
-Appliquer la loi du pollueur payeur à la hauteur des dégâts !
-Revoir les quotas des prises et instaurer des mailles inversées...

Bref, des idées comme celles-ci fleurissent partout depuis des années et commencent à être mises en place. Mais tout ça n'est que ventass tant que l'on ne s'investit pas en chair et en os dans une aappma.
Les critiques, les guéguerres via internet et les réseaux ne servent à rien et franchement c'est une perte de temps, d'énergie et d'argent. Sérieux on paye du monde pour répondre aux insultes et autres messages débiles. Ouais, ça craint !

Allé on va rester optimistes et se dire qu' on y parviendra ; je l'espère mais en attendant je vais vous conter notre dernière virée du côté montagnard de la truitasse qui me tracasse la testasse !

C'était l'an dernier et comme chaque année nous y sommes allé. Quel plaisir de retrouver cette route et les derniers virages qui annoncent le lac. A travers les branches des résineux les yeux sont rivés sur l'eau.
Où en est le niveau ?
Est-ce que l'eau sera teintée cette année ?

Autant de questions que de bouillonnement dans nos veines ! La pression monte, les yeux brillent, l’excitation nous transperce tellement ce coin nous est cher.

Sur place aucun doute tout semble parfait. Le soleil est au rendez-vous, le lac est plein et l'eau a une couleur incroyable.
Les murs épais en pierre du gîte sont encore bien frais. Une odeur de cendres embaume nos appartements et une légère poussière flotte au milieu des rayons de lumière qui éclairent la pièce.
Juste le temps de décharger la voiture que certains sont déjà doigts tout tremblants à passer le fluoro dans les anneaux.
Les boîtes de leurres jonchent la pelouse laissant s'échapper quelques nouveautés. Une paire de bottes pose fièrement sur le pack de bières et tout ce cinéma gène l'entrée. Ça y est c'est déjà le bordel ; celui qu'on adore.
Du bord comme en float-tube la traque de ces monstres de truites est un défi mental. Il va falloir lancer et lancer encore. Être attentif à la moindre vaguelette en surface et faire preuve d'humilité devant les reines des eaux froides qui nous encerclent. Matos finement préparé, lecture du lac aux petits oignons, points GPS, tout est réfléchis depuis des semaines.
Bien entendu le cadre nous fait oublier les heures sans touche et les retrouvailles autour d'un verre renforcent notre pugnacité. Dans ce genre d'épreuve la frustration est en constant bras de fer avec le souvenirs des poissons exceptionnels des années passées. Puis franchement pêcher pour peut-être une touche dans la journée ne me fait plus peur.
Toute cette semaine nous nous serons levés pour le coup du matin. 

Entrevoir les premiers rayons du soleil. Être là quand la surface est d'huile, la brume s'échappant tel une couverture sur l'eau. Et puis le fracas d'une chasse à un mètre du bord, le cœur s'accélère, les yeux se décollent et de nos fesses laissent s'échapper un petit air chaud et piquant rappelant les grillades de la veilles.
Quel plaisir mes amis !
Alors il faut courir, oui mais pas trop vite car le serpent de cuir est peut-être là ! Lancer avec précision un jerk dans la strike zone, mettre quelques « twitch » et là, sur une pause Booooooommmm !!! La touche !!! Elle est violente et te réveille ! La tresse s'arrache de la bobine, la truite lacustre est là pour se nourrir et sa force est hallucinante ! Les coups de tête sont francs et vous feront tomber un un plombage si votre dentiste est mauvais !
Pour moi, inutile de vous dire qu'elle finira par se décrocher me laissant seul avec un épais mal de ventre. Torture, torture.




Je vais quand-même vous raconter mon jour de gloire. C'est étrange, souvent les dieux de la pêche finissent par se pencher sur mon sort ...

Du coup, journée comme les autres sur la fin du séjour. Nous sommes en mode grosse équipe avec Adrien Flo et même Jb ! Les float-tube fusent d'un spot à l'autre, les jambes sont rodées et répondent tel un 30 cv ! Cette traque nous en fait faire des bornes et à la palme c'est éprouvant.
Comme d'hab la pêche est très difficile lorsqu’enfin on se rapproche d'un spot que j'aime particulièrement ! Mojo !! Mojo !! Il est bien plus moche que le reste du lac mais de bons souvenirs me poussent à m'appliquer. 
Confiant, voir même blindé d’arrogance j'annonce « Poisson » ! Je viens de me faire bachoucher par une mémère de chez mémère ! Il y a 2m d'eau max et la furie m'en fait voir de toutes les couleurs ! J'hurle, je rie, je stresse aussi ! ZZZZzzzzzz fait le frein et les potes l'ont bien compris c'est du lourd ! La mama arrive et zlooop dans l'épuisette ! Excellent, la roue de la torture a tournée et me voilà récompensé ! Une magnifique lacustre hyper grasse d'environ 60/65cm !



Je la relâche et m’avachis sur le fauteuil des mers. Ahhh quel bonheur. 

Je peux enfin lever les yeux et contempler l'environnement privilégié dans lequel nous sommes.
Le groupe s'éparpille sur les différentes berges, pointes et structures. Ça gratte méticuleusement toutes la couche d'eau mais rien. Je décide d'entrer dans une minuscule crique où un petit filet d'eau arrive. Ces zones sont souvent propices à la vie. Développement d'amphibiens, apport d'eau fraîche et de sédiments. Un détour certain pour les carnassiers. Le passage de mon poisson nageur effraie pas mal de petits poissons. Il y a donc de la bouffe.
Assez confiant je ponce, aujourd'hui c'est le jour du poulpe ! J'ai le mojo ! Mais rien ! 
Pffff alors que faire ? Renoncer et retourner pêcher les pointes extérieures ou rentrer jusqu'au bout ? En float-tube la question se pose souvent. On évolue si lentement et tout ça nous prend tellement d'énergie. Finalement j'vais jusqu'au bout ! Tant qu'à y être faisons les choses à donf.
Il y a de moins en moins de fond et l'eau est légèrement teintée.

J'ai entre les mains mon combo Okuma Epixor, une canne 10/30gr de 2m49 qui me permet de lancer loin et de part son action assez souple atténue les coups de tête limitant ainsi les décrochés. Rappelons-le pour moi c'est toujours sans ardillon et une action trop raide n'est finalement pas idéale. En float tube les longues cannes sont gênantes mais finalement on s'y habitue. Pour les 3 autres que j'ai sur le support c'est des casting :
  • Okuma one rod 7/21gr
  • Okuma one rod 10/30gr
  • Savage gear xlnt3 12/45gr
Des cannes très complémentaires !

Revenons à notre partie de pêche ! J'suis donc au fond de la crique et j’effectue mon dernier lancé. Le leurre tombe au raz de l'arrivée d'eau, il doit y avoir 10cm de fond. Quelques tours de manivelle, un twitch, une pause et dans un fracas je prends une boitasse de maboul. Je sursaute tellement je n'y croyais pas. Cramponné à ma canne je maintiens comme je le peux une pression continue sur le poisson. Tout va très vite, trop vite quand le bolide décide de revenir vers moi à vitesse grand V ! Elle me passe sur la gauche, en même temps que se retourne mon embarcation je lève la canne pour éviter les obstacles nombreux ici. Le frein grince et à la vue de cette ombre qui est passée je suis complètement chamboulé. Cette truite est inarrêtable et ma tête doit être sacrément tendu !
Le problème quand on recherche un poisson comme celui-là c'est quand on fini par l'avoir au bout de la ligne. On se sent emparé d'une pression de dingue. Je sens mon cou se serrer, il me faut respirer et éviter de faire de la merde.
J'appelle Adrien à la rescousse mais il est à une centaine de mètres. J'en peux plus. Ce combat c'est de la souffrance tellement je la souhaite dans l'épuisette.
Coups de tête , rushs qui n'en finissent pas, puis, petit à petit l'animal arrive et se livre sur le flanc. La robe est sublime, points rouges au milieu d'une mer de point noirs et cerise sur le gâteau c'est un bécard avec une tête effrayante.
Je fais doucement, il approche, se retourne et repars pour une dernière tentative mais je le contre, lève la canne au ciel et avance l'épuisette au maximum. Je ne respire plus. Une seule pointe de métal me lie au poisson. Une seule pointe à l'extrémité de la lèvre. Autant dire que ça tient par miracle jusqu'à ce que tout s’effondre !

Alors que j'étais sur le point de voir mon précieux rentrer dans la filoche la pression lâcha d'un coup. Je regarde le leurre s'envoler signifiant ainsi la perte de ce trophée !
Mes yeux s'abaissent et le poisson glisse d'un coup de nageoire caudale.
Je descends en enfer, la scène défile dans ma tête jusqu'à cette lourdeur dans l'épuisette !!!! Je n'en reviens pas, elle est allée dedans ! Directement dans cette putain d'épuisette !!!! Dans l'épuisette !!!! Imaginez la scène, les sensations qui me traversent sont disproportionnées. C'est juste un poisson vous me direz mais tout ce qu'on y met... et cette récompense ... cette chance, rend ce moment magique.
Adrien est là. Je ne sais pas ce qu'il a vu du spectacle mais ça y est.
Tout mon corps tremble. Mon dos tout entier est comme transit, mes mains dansent et j'ose à peine croiser le regard de la truite.
Plongeant mes mains dans l'eau je saisis la base de la queue du poisson, laisse glisser ma main droite sous les nageoires pectorales et remonte le bestiau à la lumière ; le temps d’immortaliser ces couleurs et cette puissance.

Vite remis dans son élément, le poisson repart me laissant figé.
Petit à petit mes sens reviennent, le chant des oiseaux est à nouveau audible mais je ne bouge toujours pas. A la fois enivré et paralysé par ce qui vient de se produire je savoure simplement l'instant. Adrien est là pour partager l'affaire.
Passé le temps nécessaire à récupérer je peux enfin re-palmer. Pour moi inutile de continuer la pêche. Je n'en éprouve pas le besoin. La journée s'achèvera comme cela ; la cervelle emmitouflée dans du coton !

Ces histoires sont si rares ; les moteurs subliminaux de notre passion si frustrante. Bien-sur j'adore être simplement au bord de l'eau avec à la clef des poissons bien plus modestes voir même rien du tout.
Bien-sur la pêche ne se résume pas à la capture de poissons records mais les souvenirs que ces derniers nous gravent dans la peau nous rendent encore plus accrocs. Partager ça avec notre famille et nos amis c'est la cerise sur le gâteau, un gâteau merveilleux. Merci














Un visage heureux... 





jeudi 26 mars 2020

Le paradis des aïmaras



           C'est clair, j'ai délaissé le blog, l'écriture en général depuis le début de notre trip. Faute de temps mais aussi une volonté de vivre le moment présent. La vie à 3 en camping car est plus que prenante. Une sorte de pré confinement mais aujourd'hui c'est bien différent, ce virus fout un peu la merde ; un peu beaucoup même. Alors courage à tous car c'est évident, il va en falloir. Profitons en pour faire le point ; sur nos vies et sur le temps que vous avons de disponible.
Qu'en faisons-nous ? A qui le donnons-nous ?

Je vais de mon côté tenter de redonner petit à petit du temps à la régurgitation de toutes ces découvertes, parties de pêche et rencontres de folies de ces derniers mois!
En Novembre dernier j'ai eu l'immense chance de revenir en forêt Amazonienne alors c'est parti, attachez votre ceinture !


J'vais pas vous la jouer description de voyage avec tout le côté rébarbatif des attentes en aéroport avion train etc etc... Aussi, on sait tous qu'aujourd'hui la planète va mal et que par conséquent notre passion en prend une belle... 
De claque ! 

On entend aussi dire que prendre l'avion n'est plus à la mode en Suède histoire de moins culpabiliser sur notre bilan carbone. Mais, car il y a toujours un mais ; l'âge avançant et se souvenir si profond de cette aventure en jungle m'ont poussés à bloquer une réservation chez Dhdlaika. (Jetez un coup d’œil ici.)
Évidemment c'est avec Julien Rossignol comme guide que nous prendrons la direction du fleuve Sinnamary et ses redoutables Aïmaras !

Dans ma tête ce poisson c'est de la violence. Un pur concentré pur jus méga pur de tout ce que j'aime dans la pêche. 
Cependant avant d'arriver en terre promise j'ai un doute.

Est-ce que mes souvenirs ne se sont pas un peu emballés ?
Est-ce que ce fish est si extraordinaire que ça ?

Ça va faire en effet 10 ans que j'y suis allé et l'adrénaline est à bloc ! D'ailleurs voici le lien vers ce vieux papier.






Sur place c'est d'entrée le barrage de petit saut qui vous embarquera dans un décors de fou ! Une forêt noyée à perte de vue. Un cimetière pour certains et pour les pêcheurs un poste gigantesque. 
Plus de 3 heures de traversées. Environ 70 kilomètres quasi jamais pêché puisque les conditions de vie n'étaient pas optimales. Sûrement des surprises dans les années futures maintenant qu'un équilibre se crée et qu'un écosystème stable s'est installé.

Donc; traversée jusqu'à ce que l'on retrouve le lit du fleuve, portage de tout le bordel... Ah oui j'avais dis pas de description !!! Ouais mais bon c'est sport et il faut bien le préciser !! En tout cas plus on va loin moins il y a de pression de pêche et ça, ça compte et pas que dans la tête !













Il faut que je vous parle de la troupe !
On est 7 avec les deux guides que voici ; Julien Rossignol qu'on ne présente plus tellement il a fait ses preuves autant niveau expéditions jungle orientées naturaliste que niveau pêche de l'aïmara qu'il maîtrise à merveille !
Puis il y a Ronan, guide nature de métier, présent depuis une quinzaine d'années sur le barrage et également excellent guide de pêche !
Les gars sont costauds et il le faut ! Tirer des barques de 250 kilos, monter un carbet sur place, porter les moteurs sur l'épaule faire la bouffe et enchaîner des journées de dérives à la rame demande une sacrée condition physique.

De notre côté il y a Alex mon pote pêcheur de carpes à la mouche, Morgan mi gardois/mi ardéchois /mi rugbyman, Adrien la force tranquille un poil bordélique lol et Enzo ; un sacré personnage....
Une belle équipe de fous furieux qui fait des étincelles ! Une rencontre sur le tas sans prise de tête avec comme seul objectif : Passer une superbe semaine avec ce poisson hors normes dans un cadre incroyable.










Évidement à peine arrivés sur place on a qu'une idée en tête ; pêcher !!! Mais il nous faut d'abord monter le camp. On est en pleine jungle à côté d'un saut (saut dalle) avec une belle petite plage de sable blanc et des gros blocs de granite vieux de 2 milliards d'années. C'est juste magnifique ! 
Tout le long de la traversée j'ai eu les larmes au yeux sous ce spectacle majestueux que nous impose la jungle.
Petite balade le long de la rivière canne en main, on prend nos marques mais aucun poisson ne se décidera. On s'en fout, c'est tellement beau ! Puis, première nuit dans les hamacs et j'avoue qu'on est un peu perplexe face à une semaine à dormir en pleine forêt primaire dans des bouts de tissus accrochés aux arbres...
Finalement nos peurs/doutes s'effaceront dès le premier dodo dans une sérénité assez paradoxale. Une sensation de bien être et de sécurité m'a emporté chaque soir. La jungle à cette époque est tout ce qu'il y a d'agréable. Il fait certes très chaud quand le soleil nous touche mais les orages quotidiens et les nuits fraîches rendent tout cela bien plus sympa que tout ce que l'on peut imaginer. Les bestioles, les moustiques ; le danger tant fantasmé n'est pas plus présent que dans votre salle de bain... Ouais j'avoue il y a quand même un peu plus de monde...

C'est le lendemain à 5h30 que tout commence vraiment. La brume nous entoure, le chant lointain des singes hurleurs s'estompe laissant percevoir les premières lueurs du jour. Le matos est fin prêt et les réflexes nous mènent au café !

Matos
Je pêcherai essentiellement avec deux ensembles casting.
Un combo composé d'une SG (Savage Gear) Mpp 100gr avec un moulinet casting Okuma Citrix 364. Tresse SG jigging en 34ct et pour le bas de ligne le SG Carbon 49 (23kg), un super BDL qui se noue donc ça va vite et j'évite les sleeves. On finit sur un bon anneau brisé et en avant.
Cet ensemble sera utilisé avec tout ce qui est leurres souples en texan, stickbait et popper. J'ai vraiment été bluffé par le côté polyvalent et indestructible de la mpp ! J'ai forcé dessus comme un âne et elle n'a pas bronché. Un imbattable rapport qualité prix !

Mon deuxième combo est composé d'une canne travel (4brins) de 300gr de puissance (que l'on ne trouve qu'en Asie) sur laquelle j'ai calé un Okuma Komodo 364 (le top du top). Je me suis dirigé vers ce modèle de canne car elle est composé de 75% de fibre de verre ce qui est très agréable pour pêcher avec des leurres qui vibrent beaucoup mais aussi pour éviter un maximum les décrochés. Gros spinnerbait, gros chetterbait, gros lipless, gros crank ; le genre de leurres qui vous déboîtent l'épaule au bout de 15 minutes. 
Bref avec le Komodo c'est du beurre et les 300gr de puissance sont bien utiles face à un énervé ! Pour la suite même BDL.

Les leurres utilisés sont divers et variés ; comme je le disais plus haut ces poissons sont très réactifs aux vibrations mais c'est en surface que vous aurez le plus de sensations ! Les attaques sont démoniaques et il faudra insister ; au moins lorsque la luminosité n'est pas trop importante. Pour ça évidement ce sera sur les coups du soir et du matin.

Pour le choix des leurres c'est vous qui avez la carte du menu entre les mains puisque ce poisson a la faculté d'être présent partout dans le fleuve. Vous adorez le stick bait ; vous ferez du fish au stick. Vous adores la pêche en texan ; vous ferez du poisson en texan ! 
Je vous mets ici le lien vers un autre article que j'ai écris sur le blog de DHD laika, peut être plus technique et qui sera bien complémentaire.



Donc bref de bazardises de matos passons à la pêche !!!
Je suis sur la pirogue avec Alex et on a Julien en guide ! De mon côté c'est direct sur du top water avec une folle envie de prendre une grosse sanction en surface. Alex est au SG Da bush , enfin oui au spinnerbait. Sûrement celui qui est le plus utilisé pour ce fish tellement les résultats sont réguliers. Ce sera d'ailleurs le leurre qui remportera le plus de poissons.
Alex enchaîne les aïmaras, il se régale et commence à comprendre pourquoi ce poisson rend fou. En revanche, en surface rien ne se passe.... Alors bon... Je passe au Da bush et quelques minutes plus tard tiens mon premier poisson ! Quelle joie de retrouver ce fish qui a traversé les ages. La journée découlera sur ce rythme avec pas mal d'activité. On prend notre panard sévère !



Contemplatif ! Voilà ce que je suis de plus en plus que je sois ici en Amazonie où chez moi au bord du Vidourle. Après, je vais être honnête sur cette semaine j'ai opté pour le mode machine. J'ai recherché les caches les plus difficiles, les endroits bien encombrés. C'est un réel plaisir que de pouvoir mettre en pratique ici ce que la pêche du black bass nous a appris. Le repos se fera plus tard, chaque seconde compte, chaque lancé doit être précis. Le pêcheur d'aïmara se doit d'être attentif avant même que le leurre touche l'eau car quand ça pète ça peut faire très mal!

Retour au camp et débrief sur cette première journée : Une douzaine de poissons il me semble avec une grosse majorité de poissons pris au spinner.
Ensuite les journées s’enchaîneront de cette manière :
-Petit dej à l'aube, vers 5h30
-Pêche jusqu'à midi
-Repas et sieste
-Reprise de la pêche vers 15h30
-Retour juste avant la nuit
-Apéro/débrief !!!! Repas et gros dodo !
Un rythme assez éprouvant mais on est là pour ça !



















Parlons score : Sur l'ensemble du séjour la pêche n'aura pas était folle car on comptabilisera une centaine d'aïmaras ce qui donne à peu prés 20 poissons par personne sur 6 jours de pêche.
Par contre la qualité du poisson était de rigueur puisque nous ferons 9 poissons de plus de 10 kilos dont les plus gros étaient entre 12 et 14 kilos.
Les semaines sont toutes très différentes car ce score peut se faire en une seule journée. Il y a certes une petite pression de pêche puisque plusieurs séjours ont lieu ici mais l'impact reste vraiment faible. Les poissons peuvent se retenir de sauter sur tout ce qui bouge tellement ils ont à manger mais la densité est incroyable. Puis, pour rassurer tout le monde c'est le dernier jour que nous toucherons le plus de poissons sur des secteurs déjà faits.











A vue !
Sur une fin de matinée Julien nous amène à la sortie d'une petite crique. De l'eau plus fraîche arrive de la jungle laissant à chaque fois en son confluent une petite plage de sable blanc. 
Outre le côté vraiment jolie de la chose on a aussi l'occasion d'y voir un peu plus. L'eau étant couleur thé c'est impossible de pratiquer une pêche à vue .. Enfin à part quand les poissons sont en surface ou posés sur les bancs de sable clair. 
Arrivé sur la zone en mode sioux on voit un joli poisson partir. Malgré nos efforts d'approche il nous a vu mais un autre aïmara tout noir arrive de nul part et se cale sur la plage. J'envoie mon leurre souple juste derrière lui. En une fraction de seconde il se retourne et fonce sur le leurre ! Je ferre comme un bon bourrin et c'est parti pour un combat bien puissant dans peu d'eau ! C'est la folie sur la pirogue ! Une action gravée dans nos mémoires halieutiques !

Privilégiez la surface
C'est clair pour tout le monde, rien ne vaut une attaque en surface ! J m' y suis attardé le matin sur les zones bien à l;ombre. Sur la fin du séjour j'ai aperçu au fond de ma boîte la SG 3D Bat ; grand modèle. Un crawler à ramener bien lentement et qui de part sa taille imposante met un sacré barouf dans l'eau. 2 ème lancé et BAAAMMM explosion, arrachage de bras et décroche !! RRRRRRrrr ça promet... Je ramène le leurre dans un sale état. Les ailes sont toutes tordues mais quelques secondes plus tard la voilà qui re-nage. Je lance dans un tout petit poste bien sombre. Entre une grosse roche et un bois mort. 
Laissant la chauve souris remonter je ramène tout tranquille et BOUMMM ! Explosion, je retarde bien le ferrage que je renvoie bien fort ! Cette fois c'est piqué ! Le simple sans ardillon est piqué juste à la pointe de la lèvre ! Chandelles dans la brume, les coups de têtes sont hyper puissants ! Quel réveil ! Un magnifique poisson aux marbrures sublimes !



Premier big !
Il y a eu un fish sur ce séjour qui m'a mis un combat hors norme. C'était le premier +10kil car oui j'ai eu la chance d'en farcir 6 mais celui là était fou ! Un lancé parmi tant d'autres au raz du bord et boommm ça part de travers, le DA bush a encore frappé mais c'est du sérieux. J'ai la canne en 300gr, le Komodo et tout ce qu'il y a de plus rassurant mais quand je me rend compte que Julien hallucine du combat je m'attends à un poisson de plus de 15 kilos. Il arrive a prendre du fil, à la verticale sous la barque. Je kiche comme un âne et franchement je n'imaginais pas devoir forcer autant sur un aîmara ! Cette canne il en faut beaucoup pour la plier et elle l'est au max ! Avec autre chose niveau matos c'est le poisson qui aurait gagné ! Après des minutes intenses il est enfin à l'épuisette ! Quelle bagarre je n'en reviens pas ! Le spinner est détruit, hameçon ouvert... HS....


Des journées galères !
Comme partout dans le monde il est possible de tomber sur des périodes où l'activité est nulle. Difficile d'expliquer pourquoi mais il ne se passe rien. Et, sur un séjour pêche c'est pas évident à accepter . Ça nous est arrivé sur une journée avec pas mal d'averses. Que faire ? Aller se reposer ? NON !! Avec Alex on est resté bien concentré ! C'est au milieu d'arbres morts avec un gros lipless que je prendrai la cartouche mémorable de la journée ! Un combat de ouff, sous la pluie, genoux contre la coque. Une touche et un poisson exceptionnel, comme tous ceux qui dépassent les 10 kilos, et la journée s'achève. Comme souvent dans ces conditions c'est le mental qui fait la différence ; avec je l'avoue de la chance et à la pêche il y en a toujours un certain pourcentage.
Un monstre, non un rêve...
Comme je vous le disais c'est le dernier jour qu'il y a eut le plus d'activité.
Alors que nous étions dans le doute avec une baisse des prises sur 2 journées consécutives les poissons se sont simplement mis à table. Beaucoup de ratés, de décrochés et évidement de poissons à l 'épuisette jusqu'à cet arbre. Pêché à chaque dérive mais proche d'une crique donc avec un potentiel certain.
Je suis sur un montage un peu improbable composé d'un des derniers morceaux de leurres souples monté en texan suivi d'une palette pour de la vibration. Je laisse couler cette horreur au milieu des branches jusqu'au contact. La cloche sonne ! BANNNGGGG!!!!C'est lourd, très lourd et c'est évidement derrière un gros tronc... 
Rrrrrr Alors c'est parti en burnerie avec un treuillage de maboul ! J'arrive à le faire monter, il paraît énorme ! Poussez madame !! Et le voilà glisser par dessus le tronc, on dirait un silure!! Il me remet un rush, puis un deuxième et là nous envoie une magnifique chandelle devant la barque de quoi stresser à bloc ! Alex est agrippé à l'épuisette et sur un superbe coup de poignet laisse entrer l'engin dans la filoche... Là on est d'accord ; on a un monstre ! Quel soulagement!!!
Du pure délire à bord de quoi fêter tout ça dans l'eau fraîche de la crique. L'endroit est juste parfait pour immortaliser ce moment ! Quelle largeur, quelle puissance émane de ce poisson. Les photos ont même du mal à faire ressortir ce que l'on voit, ce que l'on ressent . C'est lourd et le peson est bloqué à 12 kilos, il fait donc bien plus mais au final peu importe les chiffres. Nous sommes admiratifs devant la robe de l'animal. Je le tiens dans l'eau, le soulève le temps de l'image puis d'un soubresaut de la caudale il m'envoie reculer à 1mètre. Il se cale sous la barque. Bien inconscient je l'ai filmé à la go pro et en regardant les images je ne suis pas passé loin de la correctionnelle car ce poisson est tout simplement capable de vous attaquer.
Heureusement cela ne s'est pas produit mais le rappel est bien là. Ici on ne rigole pas.







Même si nous avons évité la bocagrip pour impacter le moins possible les aïmras les gestes doivent être justes. L'erreur n'est pas acceptable ici loin de tout. J'ai fais le choix de pêcher uniquement en hameçons simples et sans ardillon et je n'ai pas eu plus de décrochés ! Ce poisson étant extrêmement difficile à ferrer il me semble simple à comprendre qu'un triple n'est pas mieux qu'un simple qui offre une hampe plus large et donc moins de faciliter à s'extirper du crochet. Nous avons pu vérifier que ce poisson est capable de mener un combat entier ; jusqu'à l 'épuisette sans être piqué ! Fou non ? On peut donc imaginer que nombre de décrochés sont juste des « non piqué » qui finalement ouvrent la gueule... C'est un truc de fou! 
Quel poisson ; je vous l'assure il est dingue ! 
Cette semaine était magique, cet endroit, ces poissons... On prend conscience de plein de choses là bas et j'espère du fond du cœur qu'il restera comme il est; ce paradis des aÏmaras
Merci à Julien et Ronan pour le taf accompli, tout se passe tellement bien qu'on en croirait que c'est simple! Merci Alex Morgan Adrien et Enzo !! On s'est vraiment bien marré et que de souvenirs!!! 
Merci Adrien et DHD d'avoir repris la destination et je le redis, c'est le paradis des AÏMARAS!














La jungle ; cette forêt primaire, ses habitants, ses odeurs , ses sons mais aussi sa vulnérabilité, son équilibre aussi vieux que fragile; autant de facteurs qui rendent cette destination incroyable avec à la clef un monument de muscles d'écailles et de dents acérées. Tout au long du retour je me suis dis qu'il me faudra absolument y retourner.


Si tout ce passe bien et que cette pandémie se stoppe ce sera en septembre prochain (13/23). N'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez m'accompagner (MP sur facebook)

Bon courage à tous !!!!