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mercredi 9 décembre 2015

PLOUFF!




     Il était une fois, un week-end prolongé du moi de juin au fin fond des montagnes du centre de la France.
Ces quelques jours étaient la parfaite opportunité pour quatre lurons que la pêche avait liée d’amitié de se retrouver. 
Comme à chaque fois pour nos pêcheurs nés, ces rendez-vous riment avec convivialité, décompression, rire, festival culinaire, technique de pêche assidue, matériel de compétition et amour de la nature.

Deux bateaux au top de l’équipement sont remplis de boites qui vomissent de leurres. Des cannes de toutes sortes jonchent la moquette encore humide de la rosée d’une nuit encore bien fraîche.
Il est tôt mais c’est l’heure.
L’envie de faire les premiers lancés éjectent nos pêcheurs de leur sommeil profond.
Chaque embarcation part à son rythme rejoindre la berge repérée la veille afin de prospecter mètre après mètre, arbre après arbre, lancé après lancé.
Ce sont les carnassiers qui sont avec tant d’application recherchés:
Perches, sandres mais surtout le roi de ces eaux qui pour nos péchailloux est le brochet.


Malheureusement ou plutôt comme à leur triste habitude la pêche est difficile. Une petite perche par là, un petit brochet par ici.
C’est ainsi que les heures défilent quand on est sur l’eau. Les histoires fusent, des rires éclatent renvoyant leur écho dans toute la vallée puis, petit à petit la luminosité baisse. Il est temps d’aller se réchauffer à l’intérieur.



Nos quatre fourmis entament alors le rituel de la soirée. Certains s’attaquent à la cuisine quand d’autres préparent l’indétrônable apéro. Les commentaires sur la journée embrasent les discours.
La théorie de certains s’illustre même de traces de dents sur les leurres souples. Le ton monte d’un cran à chaque bouteille qui se vide, c’est évident ; demain ce sera mieux !
C’est avec ce sentiment  de victoire et d’intelligence retrouvée que nos quatre héros s’endormiront….

Le lendemain sera totalement différent. Je pars de mon côté sur le bateau d’Adrien.


Fier de notre équipe de gangsters nous nous rendons sur un spot retenu la veille pour son abondance en poisson blanc. Je garde aussi en tête la rage du gros qui m’a cassé la ligne la veille.
De leur côté Arnaud et Bruno prospecteront une baie avant de nous rejoindre vers le fond du lac.

Malgré la pente assez abrupte du plan d’eau je pêche avec un glide fait maison par mon ami Stéphane. Sur une zone un poil moins profonde je reçois la sanction tant attendue ! Un joli brochet est venu bombarder de ses 700 dents le leurre ! Je suis ravi ! Photo et relâche rapide ...
Je souffle, ça va beaucoup mieux.



Au loin un bateau arrive ; ce doit être les deux zigotos.
Cette embarcation est tout de même bizarre, on dirait que le poids est sur l’arrière, on croirait même qu’il est vide et qu’il fonce sur nous. On se retrouve à fixer cette embarcation fantôme bouche bée quand tout à coup une petite tête ébouriffée fit son apparition… Bah c’est qui ça?? C'est pas eux ?!
Un papé s’approche et commence à nous questionner :
-« C’est vos collègues qui ont l’autre barque de l’autre côté du lac ? »
Méfiant, on se regarde avec Adrien et on y répond :
-« Non non pourquoi ? » 
-« 2 Pêcheurs se sont retournés avec leur barque »
-« Bordel, qu’est-ce qu’ils ont foutu ???!!!!!! »
Le temps que le papé comprenne qu’on les connaissait, le thermique nous poussait déjà au cul en direction des copains.
On ne se parle même pas. Dans ma tête les hypothèses fusent, je ne comprends pas.
Mais comment ont-ils pu en arriver là ??
Une fois sur place les deux compères sont détrempés, droits comme des i, tremblants, les pieds nus perdu sur un éboulis rocheux en bordure du lac.
La barque quant à elle est : retournée.
-"Mais c’est quoi ce délire ?!!"
Pas le temps de les questionner; Bruno tient fermement la corde qui permet au bateau de ne pas couler. Il faut au plus vite tenter de remettre la barque dans le bon sens. L’eau est froide, la pente est raide et les pierres sont tranchantes. C’est un cauchemar mais il faut y aller.


Après quelques minutes de galère et de torture la barque est enfin remise d’aplomb. Il nous faut maintenant écoper les centaines de litres retenus à l’intérieur. Impeccable, ça va nous réchauffer car là, c’est un concert de claquements de dents !
Bon, quelques minutes après ça va un poil mieux, Arnaud et Bruno sont réchauffés et changés mais l’étendue des dégâts fait peur à la peur. Le moteur thermique a bu la tasse, le moteur électrique est défoncé par les roches et le matériel a tout simplement disparu. Le matos c’était 3 ou 4 cannes/moulinets par pêcheur et des grosses boîtes pleines de leurres. Quelques milliers d’euros qui baignent dans 8 mètres d’eau sombre et glaciale.
Ah attendez, sisi Arnaud en retrouve une à ses pieds ; dommage, la canne est cassée en deux…
Il nous faut à tout prix faire preuve de lucidité et marquer la zone car le jour tombe. Un gros bout de tuyau posé sur la berge nous servira de repère.
Nous y reviendrons demain à la première heure pour gratter le fond.

Alors que nous pensions être au plus bas, Bruno capte que les clefs de sa voiture sont dans une poche d’un sac qui a sombré… On ne peut donc ni remettre la barque sur la remorque, ni récupérer la voiture.
Aie aie aie, le cauchemar continue.
Dans notre malheur enfin leur malheur (car moi j’ai rien perdu et j’ai fait mon joli brochet ;-) (oui bon ça va un peu d'humour quoi! Tout l'monde tire la tronche!!) on a la chance d’être logé juste au bord du lac. La barque dormira donc au pied du chalet.
Une fois au chaud on se pose autours de la table.
Avec Adrien nous moussons d’impatience, on veut savoir ce qu’il c’est passé !


C’est étrange, Arnaud a un sourire en coin…
Un coup de rhum va les décoincer et leur détendre la ventrèche.
-"Bordel les gars, vous êtes vivants c’est l’essentiel !  Maintenant on veut savoir !"
Tout est parti d’une connerie. Vous savez le jeu de la fausse touche, et bien c’est parti de là.
Alors qu’Arnaud (alias Cossec) pêchait avec concentration au crank, le fougueux Bruno (alias Papi) glissa  derrière lui telle l’anguille des marais, prit le temps de se faire oublier et lui donna un léger coup sec sur le talon de la canne. S’en suivit un énorme ferrage accompagné d’un petit cri hargneux !
-« Grrrr poisson !! » hurla le Cossec !
Fier de sa blague papi retient son rire ; il jubile mais c’est au-delà de son attente car dans la panique le Cossec, persuadé d’être pendu à un monstre voit son moulinet exploser, oui exploser!!!
C’est un véritable feu d’artifice ! Des ressorts lui volent au visage, des écrous sortent de nulle part, des vis tombent au sol ! Seule la manivelle lui reste entre les doigts.
S’en est trop pour Bruno qui est plié en quatre, il rit aux larmes, ce moulinet déglingué, cette fausse touche ; c’est du délire !!!
Arnaud, lui est encore dans la bagarre. Il tire un visage déconfit et tente désormais de reprendre le contact avec ce poisson imaginaire en tenant la tresse à bout de doigt. Cherchant de l'aide  il se retourne vers Bruno mais ce dernier a disparu, il n’est plus dans la barque.
Suite à cette avalanche de gags Bruno n’a pas résisté; il est littéralement tombé à genoux et a fini par rejoindre les eaux du lac sur un superbe roulé-boulé digne du capitaine Cousteau.
Abasourdi par la scène, Arnaud, à son tour explose de rire. Sauf que papi ne bouge plus.
Il flotte, les bras en étoile de mer, face dans l’eau.

En une fraction de seconde Cossec prit de panique se jette au sol et réussit à l’attraper par l’épaule. Bruno, une fois à l’aplomb du bateau reprend conscience mais semble affolé.
On dirait un chat qu’on vient de jeter dans une piscine (ce qui est mal !). Il veut à tout prix remonter, plante ses griffes sur le rebord de la barque et se hisse tant bien que mal sauf que…
Les deux compères sont du même côté et dans l’euphorie le bateau se retourne.
Ils sont maintenant deux dans le lac.
Bruno qui a bien repri ses esprits se rend compte de ce qui est en train de se passer. Le matériel coule, la barque se remplit d’eau et ils sont à 30 mètres du bord. Arnaud quant à lui est en wadders. Quelle belle idée. Cette salopette se remplit et l’empêche de nager. Panique. Il risque vraiment sa vie et se focalise sur la berge. Manaudou peut se rhabiller face au crawl que déroulera le Cossec pour rejoindre le bord!
Papi lui, tente de sauver sa barque. Il la retient avec une corde mais ne tiendra pas indéfiniment. L’eau est froide et ses muscles se tétanisent.
Des pêcheurs, au loin ont compris qu’il y avait un problème. C’est le fameux pépé qui viendra par la suite nous chercher. Il est accompagné de son fils et s’empressent d’aider Bruno à ramener la barque vers le bord.

Mais quelle histoire de fou….  Avec Adrien nous n’en revenons pas, on ne sait pas s'il faut rire ou pleurer. Et dire qu'un peu plus l’un d’entre eux voir même les deux y passaient.
Et tout ça pour une blague.
Dans le chalet l’atmosphère est désormais bien détendue, nous pouvons même commencer à rire (doucement) de la situation qui est quand même sacrément cocasse ! Cette soirée tournera autours l’affaire et nous étudierons la manière dont nous pourrons repêcher le matériel perdu.

"Dans les yeux de Bruno"
Pour le dernier jour de « pêche » de notre weekend nous nous rendons sur le lieu du drame. 
La technique est simple ; gratter le fond avec une tête plombée armée d’un gros hameçon triple. Assez rapidement nous remonterons des cannes. Le sourire revient sur le visage d’Arnaud qui décide même de plonger. Ce sera sans résultat, l'eau est trop froide et bien trop teintée.


On continue donc notre pêche aux canards. Je gratte le fond méticuleusement quand quelque chose me semble intéressant. Je ferre, c’est lourd, très lourd ! Épuisette !!!!
Centimètres après centimètres je hisse un gros sac. Il est ouvert mais les boîtes sont encore dedans. Une des poches latérales est elle aussi ouverte. On aperçoit les clefs de la voiture de Bruno.
La pression est au maximum, je ne dois faire aucune erreur. Cossec, célèbre puiseur emprisonne le trophée d’un coup de reins millimétré ! Yesss !!! On a le plus important ! Les clefs, les papiers, les pinces, 4 boites de leurres…OUFF ..
La pêche continue, rebelote je ferre une grosse boite de leurres ! Yess, c'est Bruno qui va être content, on a vraiment de la chance car réussir à attraper ces boites n'était vraiment pas gagné.
Il est midi, nous décidons de stopper nos recherche. Au final pour Bruno seule une canne et une boîte de leurres manqueront à l’appel. Pour Arnaud ce sera une canne de cassée et une grosse boîte de perdu mais bon, nous avons limité la casse.
Le weekend touche à sa fin et c'est avec un drôle de sentiment que nous prendrons la route du retour.
Petit clin d’œil à Maxime qui tentera en vain de récupérer le matériel perdu.... On reviendra!!

La pêche délivre de superbes moments, des sensations inoubliables mais la pêche endosse parfois son côté obscur pouvant nous mener dans les tourments d’un enfer face auquel nous sommes et resterons impuissants. La nature et son caractère bien trempé n’a pas d’adversaire à sa hauteur.
Le respect, que ce soit dans l’admiration ou la méfiance restera à jamais la clef de notre coexistence.
















mercredi 15 mai 2013

Les dents de Mamie Brochet!!!



      
               Quinze jours déjà que la pêche du carnassier est ouverte. Comme à son habitude cette période tant attendu nous réserve toujours quelques surprises.
Les poissons sont très vite assommés de leurres, les bateaux, float-tubes et pêcheurs du bord se ruent vers les spots renommés et jettent à l’eau leur nouveau poissonnet tout droit sortit du cerveau sur-développé d’un Japonais à la crinière décolorée et au faciès futuriste.
Les poissons quant à eux se goinfrent des premiers morceaux de plastique présentés mais peu à peu la pression de la pêche se fait ressentir et les souvenirs allié à la crainte recommanderont à nos amis de garder la mâchoire fermée.
J’ai effectué cinq sorties depuis ce fameux jours et côté technique j’ai opté pour du "big bait" (gros leurre). 
Le fait de présenter une grosse bouchée cible des poissons d’une taille convenable et a aussi pour but d’éviter de piquer les espèces qui se reproduisent en ce moment (black-bass et sandres à condition de ne pas passer sur leur nid). D'ailleurs on entend assez souvent cette phrase:
« Gros leurre = gros poisson »
 J’ai donc recherché en priorité les brochets tout en gardant un œil sur les perches qui habitent les mêmes zones. C’est donc partit pour de longues séances de lancé de parpaing… 
On est bien loin de la discrète pêche à la mouche. Les leurres que j’utilise varient entre 15 et 30 cm. 
Il n’y a pas de leurre miracle, à chaque zone convient un leurre plus ou moins plongeant. 

Le premier poisson correct s’est fait du bord sur un étang ultra pêché.
Arrivé sur place j’ai déchanté: Ils étaient une dizaine de pêcheurs, cannes à vif (poisson vivant)  posées sur la berge, gros bouchons rouges au large, voitures garées à proximité, coffre ouvert et musique fantaisie, poubelles débordant sur le sol, cubi et bouteilles de pastaga vide, la trombine rougeaude à chanter à tue-tête : « Et viva Espana !! ».
Devant ce spectacle certes assez drôle je fuis....
Ce plan d’eau est assez grand et je découvre des pêcheurs postés un peu partout….Pfff comme souvent, je râle !   
Un vrai casse-tête pour trouver des couloirs ou faire nager mon big bait.
Ma prospection se poursuit sur des coins un peu plus délaissés. 
La réalité le veut : plus on est loin du parking, moins il y a de monde
Je me trouve sur un poste brassé par le vent, des joncs dépassent de la surface, l’étang est d’environ 1 mètre au dessus de son niveau habituel, hummm ça sent bon ! Je balance mon parpaing le long de la berge quand j’aperçois un bouchon rouge !! Et merde !! Je m’excuse avant même qu’il ne touche l’eau mais c’est trop tard.
Plouffffff, le pêcheur embusqué dans la végétation se relève, je lui explique vite fait que mon geste n’était pas voulu en moulinant rapidement histoire de ne pas me prendre dans son fil. A ce moment monte en surface une flèche argentée et dans une gerbe d’eau mon leurre disparait. Et voilà, deuxième excuse. Le visage du pêcheur au vif se décompose. « Belle pièce!! RRRR » me dit-il.
Prise rapide de l’animal en photo et relâche aussitôt. En voilà un que j’aurais surement sauvé du congélateur.



Je suis quand même content d’être tombé sur quelqu’un de compréhensif et je repars vers la voiture vivant avec un super souvenir de ce poisson !
Quelques jours après je retourne à la pêche mais en barque cette fois. 
Résultat : des heures à gratter la rivière et d’un coup une énorme frappe dans mon leurre puis plus rien. Je remonte à la surface d’énormes traces de dents… « Aaahhhhh » c’est raté et ça avait l’air très très gros!!! La suite de la session se  résume en un fabuleux choux blanc.
Le lendemain je retourne encore à la pêche souvenir en tête de cette grosse attaque. 
Nous sommes avec Adrien sur « La Fougne ». Après quelques péripéties nous mettons à l’eau. Adri excelle dans ses lancés quand soudain il ferre un truc… Ouff c’est son mollet… L’hameçon est bien rentré et l’ardillon non écrasé…
Allé hop c’est à moi de jouer de la pince.. 1,2,3 et c’est arraché d’un coup sec. 
La chair humaine n’est pas si résistante que la gueule d'un poisson.
Ensuite s’éternise une longue période de calme plat. Pas un fish à l’horizon. On s’occupe en enlevant les bourres de peuplier qui viennent se fixer sur notre fil. « Et allé qui veut une guirlande ??? »
Quelques heures et quelques centaines de lancés plus tard mon leurre explose de tout son poids la surface. J’envoie aussitôt deux « jerks » (tirées), une pause. Booommm je me retrouve les mains crispées à ma canne, un énorme remous accompagné d’une gerbe d’eau vient de fracasser le silence que nous subissions depuis trop longtemps. 
Quelle violence dans l’attaque, je tiens le monstre une bonne seconde et plus rien, on l’aperçoit descendre vers les profondeurs…. Encore une fois raté.
Les gros brochets ne font pas dans la dentelle. J’ai l’impression que lorsqu’ils attaquent c’est vraiment pour déglinguer leur proie. En attendant c’est eux qui gagnent.
Un immense sentiment de frustration m’envahit… Plein de questions me percutent ! Cette bestiole nous a vraiment fait sursauter. Malgré tout ce fourbi dans ma tête j’essaie de relativiser : « Faut quand même pas exagérer ce n’est que « la pêche » ce n’est qu’un poisson !!! »
Du coup vengeance sur les perches !!!Quelque petites hors de l'eau apaiseront ma tension.


"J’espère que la nuit portera conseil car demain j’y retourne !!"

Ça y est on est demain ! J’ai en tête plusieurs zones à prospecter mais il va falloir choisir !
J’opte pour un coin délaissé des pêcheurs, loin de tout et assez inaccessible. Cette fois-ci je suis à pied, en waders plus exactement (salopette en plastique). J’ai pris avec moi deux cannes: Ma fameuse canne big bait pour rechercher les gros brochets et ma canne à mouche spéciale carpes car elles sont nombreuses à squatter le spot. 
La session commence sous un soleil de plomb. Rapidement la chaleur me joue des tours, ma progression est assez difficile. Sous les waders l’humidité se fait de plus en plus présente et de micros fuites viennent me rafraîchir la chaussette ce qui n’est point désagréable. Les carpes sont actives mais rien n’y fait: Je prends refus sur refus. Une fois la zone prospectée pour les carpes je change de canne pour balarguer mon parpaing. Les carpes affolées par ce barouf partent dans tous les sens quand surgit un jeune brocheton, il tape dans le leurre et repart un peu apeuré par mon animation.  
« Va donc chercher ta grand-mère jeunot !!! »
L’heure tourne et ma tête aussi, je suis en train de prendre un coup de bambou, au beau milieu de la rivière, sur des plaques rocheuses bien glissantes. Je me dis que ce n’est pas le moment de me foutre en l’air et zziiippp comme par magie je m’embronche dans mes propres pieds, la tête en avant!
J'ai beau me relever le plus vite possible mais le mal est fait: Je suis trempé et les waders se sont bien remplis… 
"Floc floc" raconte ma marche dans les galets…
Il est temps de se pauser faire le point.
Je suis a mi-chemin, mouillé comme une vieille poule alors que faire ??? Cette petite douchette m’a fait du bien et frais comme un gardon je décide d’aller jusqu’au bout !   
Il est temps de se concentrer sur les brochets. J’accroche la canne à mouche dans mon dos et me mets à rechercher assidument les pikes.
La rivière est magnifique offrant aux poissons une multitude de zones. Des courants, des hauts fonds, des trous d’eau, des bois morts et des herbiers.  
J’approche la zone que j’avais repéré il y a deux ans. J’en suis persuadé, ici il y a tout pour un gros brochet ! A pas de loup je me positionne et envoie mon leurre à une quarantaine de mètres devant moi de manière à longer la berge. Méticuleusement j’enchaîne plusieurs jerks avec des pauses. Je suis super concentré, le leurre est à trois mètres de moi quand surgit de nulle part une énorme vague qui vient droit sur mon poisson nageur ! Je n’ai pas le temps de comprendre ce qu'il se passe mais un maxi brochet vient de se jeter sur le leurre et vient de le rater. Je ne vois pas le poisson, mon cœur s’est emballé, je tremble, j’ai carrément la trouille ! Je remets une secousse de manière à décoller le leurre du fond et wlloffff il est littéralement engloutit en une fraction de seconde! C'est le moment d'envoyer un gros ferrage!
La bagarre peut commencer, le brochet s’est emparé du poisson nageur dans mes pieds et j’hallucine de la violence du combat.


Il remue dans tous les sens, me prend du fil, "je suis dans un autre monde !"
Ce n’est pas un poisson c’est un pit bull !  Je prie en maintenant la tension. Pourvu qu’il ne se décroche pas ! J’entre dans l’eau, impressionné par cette énorme gueule pleine de dents. Je passe ma main dans l’ouïe. Ca y est, je le tiens ou plutôt je la tiens, c’est une énorme femelle bien grasse.


La buée de mes lunettes s‘estompe, je réalise enfin ce qu’il vient de se passer, ce que vient de m’offrir la nature. Un moment d’une rare violence halieutique. Je relâche cette mamie brochet en rigolant… Quelle histoire…De la science fiction!!!!!!







Remis de mes émotions je relance, mon moulinet s’emballe et une belle perruque vient de se former sur ma tresse. Pffff crétin....  Il me faut dénouer tout ça ce qui me prendra cinq bonnes minutes.
Mon leurre est à quelques mètres, je le ramène et bingo ! Second brochet, cette fois beaucoup plus petit, enfin ce qu’on qualifiera de normal.


Le soleil est désormais bien bas, des nuages d’insectes se forment au dessus de l’eau. Je reprends conscience que je baigne dans un jus de chaussette bien échaudé par mes aventures. Il faut rentrer essorer tout ça et reprendre forme humaine.

Il y a quand même du boulot pour détartrer toutes ces dents!!!!!!!!

lundi 11 mars 2013

Polyfish... La suite ..

                          


  Dans le numéro 6 du webzine Fishme: http://fishme.fr/, j'ai essayé de développer la notion du "polyfishing" consistant a pêcher tout ce qui peut l'être.










Voici quelques images bonus illustrant cet article dont le lien est ici: http://fishme.fr/n6-fishme/





                                                             ::::::: L'arsenal du "polyfisheur::::


                                                       Superbe barbeau pris à la mouche..










Série de perches!



 Petit brochet leurré sur du matériel "bigbait" (gros leurres).

 
                                   La "masta" carpe du récit prise à la mouche en bateau.

mercredi 5 décembre 2012

Frénésie...


                   

                             A l’heure où j’écris cette histoire je rentre d’une journée de pêche, une session comme tant d’autres à profiter de ces moments si précieux.
Cette partie de pêche n’était à vrai dire qu’une balade sur l’eau, aucun poisson n’a voulu dévorer de plastique aujourd’hui.
 « C’est aussi ça la pêche … » Cette phrase ; tout pêcheur pourra vous la ressortir.
C’est la phrase bouée de sauvetage histoire de dire que la prochaine fois on fera mieux !
Puis sérieusement c’est avant tout ça la pêche : Être au bord de l’eau, seul ou accompagné, l’esprit divaguant de branches en nuages.
Maintenant parlons de l’autre sens que nous laisse soupçonner cette phrase…
Quand un pêcheur rentre bredouille et qu’on entend « C’est aussi ça la pêche », on peut s’imaginer qu’il y a des fois ou c’est la folie, des fois où les poissons se battent pour croquer nos leurres. Et bien je confirme, ça arrive, et quand ça arrive, on s’en souvient et notre fameuse phrase prend réellement tout son sens.


   Pour fêter les 30 ans d'Edouard le pro du démantèlement  nucléaire et de Gaby le prof d'histoire, toute la bande s’est réunit dans une maison de campagne dénichée par notre incroyable organisatrice Marion.
Le froid automnal, la route, et les retrouvailles nous aurons bien mis en appétit … Apéro rigolo, raclette de compétition, la soirée déroule et délire.
Vers 4h du mat ma tête heurta l’oreiller.
Le lendemain je me rendis compte que j’avais frappé l’oreiller un peu fort, d’où cette douleur crânienne.
Pour se remettre les idées en place rien de mieux que prendre l’air. Et pour moi prendre l’air se transforme vite en balade au bord de l’eau avec une cane à pêche.
En gros j’ai encore succombé à cet appel…oui encore…
J’avais au préalable repéré la zone sur le net et me voila sur la route à la recherche d’un petit coin d’eau fort sympathique.
Je gare sur le bas côté la voiture de sport qu’Eric m’a gentiment prêté. Ahlala merci Zézé, tellement sympa.
Je monte ma canne, vérifie le bas de ligne en titane histoire de ne pas me faire couper par d’éventuels brochets, accroche un gros leurre de type jerk-bait et balance ça au milieu de l’eau.
J’attends quelques secondes que le faux poisson descende un peu, l’anime en émettant quelques à-coups et Boom un truc a frappé dans mon leurre, un petit brochet s’est fait avoir…
Dit donc ça commence fort bien… 


Je remets le gentil bestiau à l’eau et continue ma prospection.
Je décide de partir côté forêt, il y a des traces de gros gibiers au sol. Ce doit être des chevreuils, il y a aussi beaucoup de sangliers dans les parages, la terre est carrément labourée et tout ça me laisse présumer la présence de chasseurs à l’affût. Alors style l’air de rien je me suis mis à siffloter de temps en temps pour ne pas être confondu avec un gros gibier. Oui oui j'avais la trouille...
Niveau pêche c’est quand même la galère, je n’arrive pas à accéder à l’eau, je m’enfonce dans la boue et sur le peu d’accès au bord mes tentatives restent infructueuses.
Les carnassiers sont peut être ailleurs ou peut être regroupés, ce qui arrive fréquemment à cette saison. 
Mais où ??? Tel le poissonnier du coin je me mets à crier: "C'est le dentiste, qui veut un détartrage gratuit???" Alors je décide de faire demi-tour et d’insister là où ça a marché. A mon retour au point de départ un élément décisif me fit légèrement sourire, la confiance va revenir : Un grand banc d’ablettes est en activité.
A la base c’est le soleil qui a fait éclore de petits insectes aquatiques, ces derniers s'envolant dans les rayons chauds du soleil pour un ébat furtif et retombant parfois à l'eau après l'effort produit.
Les ablettes quant à elles, se sont regroupées à cet endroit pour venir les gober et je l'espère, leurs prédateurs les auront suivi. 
Pour le savoir il ne me reste plus qu'à propulser un leurre là dedans.
Cette hypothèse à base d'observation et de chaîne alimentaire sera de suite vérifiée par une belle attaque de brochet sur mon leurre. Allé hop un détartrage pour toi Gougnac!




Maintenant j’en suis persuadé, les carnassiers sont là, ils ont suivi leur frigo !
Les gobages sont nombreux et étalés sur plus de 100mètres. C’est vraiment un bon gros frigo.
Je continue mes lancés en me disant qu’à chaque animation je peux prendre une grosse châtaigne ! 
Et bien vlan une de plus, oulla c’est jolie, les coups de têtes du poisson sont plus secs, c’est étrange ! A mon grand étonnement vu la taille du leurre ce n’est pas un brochet mais une énorme perche ! Elle doit faire facilement plus de 2 kilos et elle est venue s’emparer d’un poisson nageur avoisinant les 17 cm ! "Tu avais faim toi!"
Elle est bien grasse, quel bidou bien remplit.
"Record perche battu !" 



Je change de leurre pour un "lipless" qui descendra plus vite et vibrera lors de sa remontée.
Je lance, laisse descendre et Boom!! Ferrage, bagarre! 
 

J’hallucine, ça n’arrête pas !!!! J’ai déclenché une véritable frénésie alimentaire ! Les poissons sont partout, à toute hauteur d’eau !
Les brochets et les perches s’enchaînent. Quand un leurre ne marche plus j’en mets un autre et BIM ! 



Ce que je suis entrain de vivre est très rare, je suis au bon endroit au bon moment, tous les paramètres sont réunis alors il faut assurer, peigner chaque centimètre carré pour dénicher le big boss de la bande, THE MONSTER.
Je souffle un coup, et essaie de me reconnecter, je suis comme un gamin au pied du sapin de noël.
La frénésie continue et les poissons de plus en plus gros.


Petit à petit les frappes des perches diminuent, le soleil est bien descendu, j’insiste encore un peu.
Devant les roseaux ça à l’air pas mal, je longe les tiges émergentes, prends une touche, décroché, je continue de ramener, je fais une pause et BOOOM ! Grosse frappe, OUFFF c’est plus gros, jolie brochet, je desserre légèrement le frein pour qu’il puisse prendre du fil sans me casser, purée il a du jus celui là ! A l’approche de la surface il met des bons gros coups de gueule en hurlant "non, non pas le dentiste !!!"
Mais il est trop tard pour lui, le détartrage est inévitable…





Après ce poisson plus de touche.
C’est bizarre,  je lance, relance, plus rien…
Alors ça y est, c’est fini… La voiture est à 100 mètres, c’est incroyable, tout c’est joué là, sur cette petite zone.
Au total 5 perches sur-calibrées et 8 brocs auront succombés à mes leurres.

    Arrivé devant la voiture, à l’endroit même où j’ai attrapé le premier petit brocheton je tente quelques derniers lancés... Je commence par lancer en face en pleine eau : rien, à droite le long de la berge : rien, à gauche le long de la berge : je mouline lentement, quelqu’un vient d’arrêter net mon leurre, le poids que je ressens dans la canne laisse présumer à une grosse branche ou un gros, gros brochet… Si c’est une branche elle avance doucement vers moi… Hum hum c’est sur c’est un bec et pas un p’tit.

Je sens qu’il va démarrer d’un coup, je maintiens ma ligne bien tendu pour éviter qu’il se décroche, je ramène le tronc tranquillement et dans un gros remous il décide de s’énerver, il me prend 20 mètres de fil en 5 secondes, ma canne est bien pliée, wouhou!! Là ce n’est pas la même histoire !
Les autres poissons avaient déjà la patate mais celui-ci ne joue pas dans la même cour.  Après quelques minutes je prends le dessus, aperçois sa grosse gueule de tueur et vlan il repart de plus belle ! Quelle puissance, quelle violence, mais quel régal de lutter avec un monstre comme ça !
Finalement il s’approche, vaincu, ses derniers coups de gueule rageurs ne changeront rien.
Je le saisis, il est bien lourd, c’est peut être une maman vu la taille et le ventre.                                   
                                                        THE MONSTER, je te tiens !! 




Je remets vite à l’eau ce poisson, il s’est bien battu et a du perdre beaucoup d’énergie. Il regagna les profondeurs dans une splendide gerbe d’eau… "Merci pour les chaussures."
Le soleil est sur le point de se coucher, cette fois-ci la frénésie semble bien terminée.

Il me faut partir, les copains ont du rentrer de leur escapade.
Je ne les ai pas suivi pour partir de mon côté, pour pêcher…
J’aurais pu rester avec mes amis mais la pêche fait partie de ma vie, de mon caractère.
Elle est inévitable.
Merci à ceux  et à celle qui me permettent de vivre ma passion, de vivre des moments comme celui-la . 
La nature et ses émotions complètent celles de l’amour et l’amitié.
Tel est mon équilibre.   

C’est une journée que je n’oublierai pas et pour le coup je peux vous le confirmer :
« C’est aussi ça la pêche ! »