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mardi 20 septembre 2016

Episode 3: "Last time"









      Maintenant que nous en avons pris plein les bras nous allons pouvoir nous replonger dans la plus grande des concentrations halieutiques, celle de la pêche à la mouche du saumon ! De retour au lodge tout le monde est épuisé. Une bonne nuit de sommeil nous remettra les idées en place.
Deux jours pour en prendre un ! La première journée sera infructueuse et malgré le décor je commence à désespérer. Il pleut de temps en temps mais les nuages ne déverseront pas assez d’eau pour faire varier les niveaux. Il faut dire qu’avec les forêts qui nous entourent et l’épaisseur de la mousse, ce n’est pas demain que l’eau montera. C’est donc avec philosophie que je vais prendre ma dernière journée de traque.
La fatigue et les repas de dingue nous ont bien remis sur pieds et nous font super bien dormir alors c’est aujourd’hui ou jamais. Dans tous les cas je ne veux rien regretter.


Premier spot ; il est déjà occupé…Pffff...Rick nous amène ailleurs. Le chemin forestier est long et assez abimé. Nous scrutons la forêt quand soudain nous apercevons un orignal. En fait c’est une femelle avec son petit (moment de plénitude). Quelques kilomètres plus loin Rick gare le 4x4. Le spot est libre; oufff. Dernier pool, 2 dernières heures de pêche. Allé, on ne perd pas de temps!
Notre guide nous explique comment l’aborder et nous répartit de manière à ne pas nous gêner. C’est toujours aussi beau mais plus le temps de rêver là, va falloir se sortir les doigts! Tout le monde gratte l’eau, centimètre après centimètre. Le chronomètre tourne ; plus qu’une heure. Rick est en train de guider Adrien, il le suit, pas à pas.





Avec la plus grande bienveillance il lui indique exactement où poser sa mouche et comment la faire dériver. BAAAAMMMM !! Je suis pendu !!!! Alors que je faisais mes dérives mécaniquement en regardant le professionnalisme de Rick, un saumon m’a collé une grosse cartouche ! Pas de tirette subtile, non une grosse touche franche telle le baffe du boucher! Le cœur s’emballe, les fesses se serrent, il me faut tenir bon et ne surtout pas le décrocher… Vlan le voilà qui sort de l’eau pour nous offrir une magnifique chandelle, puis une deuxième !! Mais d’où sort-il cette vivacité ???! C’est un petit (quand on sait qu’il s’en fait de 15 kilos) mais peu importe je savoure !!! Vu le matériel que j’utilise il ne pourra pas casser et c’est avec un immense plaisir que j’arrive à le contrôler, il arrive. Je le saisis par la queue et il se met à donner de grands coups de tête qui me feront voir qu’il est déjà décroché !  Quelle chance j’ai eu...







Il est là, le beau "grisle", désormais calme et prêt à reprendre sa route. J’en suis conscient, il est ici pour se reproduire et sa force vient de là. Je sais aussi qu’il m’a donné malgré lui de l’énergie qui s’est transformée pour moi en pur bonheur. Peut-être égoïste mais ces choses-là remettent l’Homme à sa place. C’est aussi ces quelques doses de bonheur qui sont salvatrices pour l’espèce. Ici le saumon est très respecté, il n’est jamais tué et fait vivre de nombreuses personnes. Puis sa présence permet une surveillance et une protection de la rivière. C’est pour ça que sa pêche est si particulière et qu’encore une fois nous ne pouvons faire preuve que d’humilité face à la nature. C’est très ému que je le regarde repartir en plein courant se blottir derrière une roche. Je pose la canne, choisis un gros caillou et profite de ces derniers instants.







Au dernier moment la roue aura tournée en ma faveur. Honnêtement je n’y croyais plus. Quoi de mieux que de finir la semaine de cette manière ????
Je demeure comblé et stupéfait… Rick siffle la fin de la pêche. Tout le monde aura pris son saumon et ça va nous permettre de fêter notre départ comme il se doit !
Apéro dans le jacuzzi, repas de rois, ambiance de folie !!!
Que ça va être dur de quitter ce petit paradis…  C’est évident, cet endroit mérite d’être visité au moins une fois dans sa vie, sur place tout est organisé simplement mais avec beaucoup d’efficacité. Le confort est optimisé, la nourriture est excellente mais ce qui fait réellement la différence c’est le contexte humain. Roger, Carmen, Rick et Conrad travaillent avec passion et ça se ressent de suite. Quant à Benoit et Adrien de DHD Laika qui ont monté ce séjour ; je ne peux que vous en remercier ! Vous savez constituer des groupes hétérogènes avec des personnes issues de milieux très différents mais qui s’entendront à merveille et se régaleront comme des gosses !! Je n’oublierai pas ce voyage ; ça c’est sûr car surprise surprise : Rémi Laugier, est en ce moment en plein montage vidéo du film sur notre semaine de malades  !!! Alors rdv sur seasons d’ici quelques semaines pour voir ça en vrai !  Pour finir en fanfare je vous propose un petit tour du propriétaire et les dernières images remplies de nostalgie..A très bientôt pour de nouvelles aventures !

Pour les intéressés voici les liens vers DHD Laika:

le voyage pêche saumon et bar rayé

le voyage bar rayé
































mercredi 7 septembre 2016

La magie de Miramichi Episode 1





             A l’heure où j’écris ces quelques lignes, sans explication, la sncf vient de me mettre dans un wagon de première classe. Je me retrouve surclassé avec d’autres personnes surclassées, toutes pendu au téléphone, ne me laissant pas le choix d’assister à ce spectacle asphyxiant.  





« -Mais qu’est-ce que je fous là !!! » Mon train déjà en retard vient de tomber en panne. Ça grouille de monde, j’ai chaud, j’en ai déjà marre… Alors je ferme les yeux et remonte le temps de quelques jours. Je viens de passer une semaine de rêve ; comme incrusté dans la parfaite carte postale que l’on peut s’imaginer de ce qu’est le Canada.
Tout a commencé par le départ! C’est la fleur au fusil que j’aime partir en voyage. Mes affaires avaient été méticuleusement préparées. Pas de place au hasard !




Le sac a du mal à se fermer ; c’est bon signe, ça veut dire que tout y est: 4 cannes, 4 moulinets, des leurres, des mouches, une paire de waders et de quoi faire face aux éventuels changements climatiques d’un tel pays. Comparés aux retours, les départs sont rarement contraignants. Un peu de stress mais la fatigue ne se ressent pas, l’idée d’à nouveau fouler le sol canadien me maintient dans un état de surexcitation palpable!

Je suis donc dans un TGV pour Paris ; direction l’aéroport Charles de Gaulle, 4heures plus tard j’ai faim, je mange un sandwich bien trop cher et c’est l’heure ! Benoit et Adrien de DHD LAIKA qui ont organisé le voyage ne devraient pas tarder. Je me mets donc à leur recherche dans la zone où nous devons enregistrer nos bagages quand je tombe sur un type qui porte le même tee-shirt que moi (une carpe avec un aileron de requin) et ça, ça ne s’invente pas.

Je m’approche lui demander s’il part à la pêche. Et évidement il me répond « oui ? » On éclate de rire ! Ça commence bien, très bien même car Fred est avec son pote Julien ; deux grands fadas de la pêche à la mouche. Juste derrière nous surgissent Benoit, Rémi, Adrien et Marcel. L’équipe est au complet l’aventure peut commencer !! Enregistrement, fouille, apéro, resto, fouille, passeport, merci, bon voyage, avion, film, apéro, repas, fatigue, pas dormir, film, dormir, atterrissage.



Julien, Fred, Rémi, Benoit, Marcel et au fond à droite Adrien!




La tête légèrement dans l’orifice nous sommes à Montréal et nous nous dirigeons vers le fin-fond de l’aéroport pour prendre un petit avion qui nous amènera au Nouveau Brunswick.


On quitte la foule, ça fait du bien ! L’ambiance est bonne et les premiers échanges avec des locaux (un groupe de pêcheurs pro de crevettes) sont explosifs. Des personnages à l'accent inoubliable, le cœur sur la main mais qui sont tout de même étonnés de voir débouler une bande de cousins français sur leurs terres. "Tarbernouch!" Et vas-y que ça rigole et que ça parle fort ! On ne comprend pas tout mais on s’en fout, c’est génial !   







On embarque dans un avion beaucoup plus modeste et bien plus vieux. Nous voilà hors des sentiers battus. Peu de temps après c’est de nouveau l’atterrissage, j’ai juste eu le temps de capter que je m’étais endormi… En effet le décalage horaire se fait ressentir, on ne sait plus s’il est tôt ou tard…

 
Arrivé à Bathurst Roger nous embarque dans un pick-up démesuré pour quasi 2 heures de route. Après 24h de voyage et d'attente ça y est; j'y suis!!!

Il fait nuit noire, le ciel est exceptionnellement rempli d’étoiles et le calme de la forêt nous propulse dans cette nouvelle atmosphère. Le coin à l’air splendide, et que dire de notre petite cabane que nous partagerons avec Rémi.





Cette première nuit passa comme un coup de pied au cul. Tout le monde est déjà au petit dej mais j' ne peux m’empêcher de prendre quelques photos. Il faut se pincer à plusieurs reprises tellement le cadre est époustouflant. On ne peut pas rêver mieux.  



Le reste s’enchainera dans cette même idée de la perfection. Petit déjeuner de champion : œufs au plat, bacon, toasts, café, fruits, jus d’orange, rigolade ! Le lodge vendait du rêve sur le papier et nous le fait vivre sur le parquet…

En voilà un qui s'invite au p'tit dèj!



On est donc prêt pour nos premiers pas sur l’eau. Les guides Rick et Conrad nous attendent avec leurs 4x4. Ils nous ont préparés deux grosses journées de prospection  « saumon » sur la Miramichi et ses affluents. Ensuite nous partirons pour deux jours au bar rayé puis nous reviendrons finir notre quête du saumon atlantique ! LET’S GOOOOOO ! Le gang est divisé en deux équipes et nous allons peigner de nombreux pools plus beaux les uns que les autres.


Une pêche de mental :

Apprendre une nouvelle technique est souvent déconcertant.
Il nous faut faire abstraction de réflexes, de gestes destinés à d’autres poissons pour se concentrer sur ce que dit et uniquement ce que vous conseille de faire le guide. La pêche du saumon, aussi mythique qu’elle soit reste une pêche vraiment bizarre. Le seul point sur lequel tout le monde est d’accord est que ce poisson ne se nourrit pas mais qu’on va devoir tout de même l’inciter à mettre un truc dans sa gueule.
Ne demandez pas d’explications car vous en aurez ; plus loufoques les unes que les autres.
Ex : « les saumons sont agacés par les mouches qui tournent au-dessus de leur tête », « les saumons les prennent pour les déplacer d'un point A vers un point B », « les saumons pressent les mouchent pour en aspirer le jus »… Qui dit mieux ?
Restons zen et acceptons  le mystère. Pour la technique ce n’est pas ce qu’il y a de plus difficile quand on sait un minimum lancer. La double traction viendra quand même allonger plus considérablement votre zone de pêche.





Un peu de matos vidéo au premier plan. Mais pourquoi??

Le Hummer de Conrad, un outil de prospection idéal!

Rémi s'accorde une petite pause...



Il suffira donc de pêcher ¾ aval en laissant la mouche draguer soit en surface soit à quelques centimètres sous la surface.  Puis, vous pouvez descendre la rivière en insistant sur les devants et derrières de roches et tout ce qui peut faire office de zone d'attente pour un groupe de saumons.
Ici le lestage et l’utilisation de soies coulantes est simplement interdit, de même pour les ardillons et les hameçons autres que des simples.
La traque sera menée de cette manière seconde après seconde, pool après pool mais on doit se rendre à l’évidence : à l’heure où nous pêchons les faibles débits n’ont pas provoqués de remontées massives de poissons qui doivent pour le plus grand nombre attendre encore en mer.
Ceci dit, les coins que nous pêchons nous font littéralement flotter dans un océan de contemplation et ce n’est pas un peu de difficulté qui nous fera baisser les bras !


Conrad en plein guidage d'Adrien
Quand le guide nous montre comment faire!

Choix de LA mouche
On vit quelque chose d’incroyable, nos repères sont complètement chamboulés et les premières touches se feront ressentir, une sensation de tirée en est le signal. On ne s’emballe pas, on laisse le poisson se retourner sur la mouche et là on peut ferrer.
Adrien est pendu; premier saumon !!!
Le tour de Fred!
Celui de Julien
Au terme de ces deux journées quelques saumons d’une soixantaine de centimètres sont venus marquer à vie la plupart des pêcheurs. Un chacun sauf pour une personne, devinez qui ? RRRRrrrr…
Benoit, très concentré!



Suite à ces 2 premiers jours au cœur du Canada, place à un changement brutal d’ambiance! Je mets mon objectif saumon de côté car nous partons pour la mer, à la recherche des bars rayés. La Miramichi ou plutôt le Nouveau Brunswick en général est un « el dorado » pour ce poisson. Après une quasi extermination de l’espèce les canadiens ont mis en place des mesures de protection radicales. Le résultat est explosif ; on parle de 2.5millions de poissons qui rentreraient de nouveau dans la Miramichi pour se reproduire... Ouioui vous m’avez bien compris ! Pour cette dernière nuit au Lodge le repas est comme d’habitude ; excellent et copieux à souhait ! Cependant, on aura tous un peu de mal à s'endormir.

BIM!!
Visionnage de quelques images avant le dodo!