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lundi 3 juillet 2017

La mouche, l'éternel retour à la source



Quand on en a ras le bol de la pêche, rien de mieux que d’aller faire un tour à la pêche à la mouche !


          Sur le blog j’en ai déjà fait l’apologie mais il n’y a pas mieux que la mouche pour refaire le plein de sensation. La mouche, c’est avant tout la connexion, la symbiose avec la nature.
Prendre le temps d’observer, réfléchir, choisir, se déplacer, pour au final peut être tenter de poser son imitation quelque part et pêcher. La mouche c’est de la poésie et cette poésie s’apprécie d’avantage seul.

Petit chevesne à la mouche, on peut toujours compter sur eux!

Cette facette de la pêche me semble indispensable dans la vie du pêcheur, elle permet de le remettre en place, de lui redresser le corps, de réparer le cerveau et de laver l’esprit.
On parle souvent de difficulté technique, d'élitisme, de chapeaux à plumes, de golfeurs de la pêche, d'un état d'esprit fermé, mais aussi de nœuds, de mouches dans les arbres, de prises de tête sans fin, de finesse et de galères futures mais dans tout ça, qu'est ce qui est vraiment vrai? Franchement, j'en sais rien mais ce que j'en retiens, c'est que le jeu en vaut la chandelle.
Je ne vous mentirai pas, il faut en effet réapprendre à lancer, comprendre le geste, ce si beau geste qui vous emportera dans la peau de Brad Pitt et qui vous permettra par la suite de ramener des wagons de filles à la maison.
-« Ah bon, tu pêches toi ? »
-« Non, je pêche à la mouche ! »
Oui, grâce à la mouche, fini cette image complexée et ridicule du boff rondouillard et rougeot le cul posé sur une caisse rempli d’asticots à fixer d’un regard pervers la coulée tant attendu du bouchon. Vous deviendrez la star du village, le don juan de la rivière !
Alors, ça ne vaut pas le coup ??? Okok je me suis légèrement laissé distraire mais cette technique vous embarquera, c’est comme ça, on n’a pas le choix. Cette technique, une fois adoptée vous permettra aussi d'appréhender vos spots avec une lecture plus subtile, les détails deviennent la clef de la réussite.
La pêche à la mouche rend le pêcheur meilleur; tout simplement. Puis notre état au bord de l'eau est complètement différent, on ne fait pas de bruit, la concentration, l’exécution du geste parfait nous plonge ailleurs et c’est peut être ça qui fait le plus de bien quand on pêche à la mouche.
Un autre chevesne

Jolie barbeau qui s'est laissé piéger


Courbure parfaite de ma nouvelle canne spéciale carpe à la mouche: la SCIERRA SALIS en soie de 8; une merveille que je conseille pour ce type de pêche.

Très belle carpe qui repartira comme les autres





mercredi 4 juin 2014

Carpes mais BROCHETS!!!!




    On y est, les conditions climatiques sont excellentes même si le niveau des rivières est bien bas.
Du coup j'enchaîne les sorties au bord de l'eau, j'y suis presque tous les jours...
Au menu de cette fin de printemps des carpes, encore des carpes car il n'y a pas a dire cette pêche est vraiment sensationnelle!
Et les carnassiers dans tout ça?? Car je peux vous le dire, 90% de mon matériel est dédié à leur traque.
Et bien ces derniers se sont montrés assez coopératifs, silure à vue et à la mouche, perches aux leurres et bien sur maître brochet sont venus se faire décorer les gencives...




Afin d'être efficace j'essaie de prospecter sur l'ensemble des spots que je connais sans les sur-pêcher, il me faut donc connaître beaucoup de zones pour mettre en place un roulement..
J'utilise plusieurs techniques de pêche qui se complètent et qui conviennent au mieux au poisson ciblé ainsi qu'au milieu. J'alterne donc entre pêche du bord avec deux cannes (une à mouche pour la carpe et une "big bait" pour le brochet) et pêche en barque avec plus de matériel pour faire face à toutes les espèces présentes.
Ci dessous un autre exemple de prospection avec comme unique arme une canne UL (très fine) qui me permet de recherche de petits carnassiers mais aussi d'utiliser quelques mouches (assez lourdes) pour traquer carpes, chevesnes, rotengles et autres poissons blancs.








                                                                     OUPPPSSSS!





Cette session du bord se termina par cette image, c'est la seule que j'ai de cette énorme carpe que je n'ai pu soulever de l'élément pour en prendre la photo.. Un poisson au dessus des 15 kilos qui m'a surpris par sa force et sa vivacité...

S'en suit une bonne rigolade avec Adrien qui en aura pris plein les bras! 





Blessure de cormoran? Morsure par un plus gros?  En tout cas bien parti pour se refaire une santé et soigner tout ça!





Viens le moment tant attendu de mes longues prospection, un grand brochet! 



Un poisson qui fut pris il y a un mois par Adrien et qui fut aussi attrapé par un autre pêcheur cet hiver.
Le bon côté des choses nous montre que le "no-kill" peut fonctionner, ce poisson est vivant, pourra se reproduire à nouveau et fera encore l'éventuel bonheur d'un pêcheur.

L'autre côté nous montre que le "no-kill" peut laisser des traces sur les poissons. Ce n'est pas une nouveauté et tout le monde devrait en être plus que conscient, responsable..
J'ai repéré ce poisson cet hiver, posté en bordure avec de grosses blessures sur la gueule et la tête. Ce poisson s'en est bien remis mais il est borgne et gardera à jamais les séquelles de sa liberté et de notre "passion"...
Ce n'est pas la première fois que j'évoque la problématique et l'éternel dilemme mais il faut l'assumer, malgré toute la passion, l'immense respect que le pêcheur peut éprouver il reste un prédateur...
Il faut donc faire le maximum pour remettre un poisson en bon état dans son élément.

Ma réflexion ne reste pas sur ces notes sombres, le no-kill est ce qu'il est mais ce qu'il faut voir c'est l'engouement vers le respect, celui du poisson mais surtout celui du milieu. Un pêcheur qui a relâché un poisson a reçu du plaisir à l'attraper, à le voir repartir, ce pêcheur c'est approprié ce poisson, ce bout de rivière, il aura surement envie d'y revenir, de protéger cet endroit voir même de le nettoyer.
Ce que je veux dire par là c'est qu'en s'appropriant le milieu, le pêcheur devient garant de ce dernier.
C'est ainsi, je l'espère que nous arriverons à préserver nos cours d'eau et à faire l'effort nécessaire que cela demande!
Place aux images et au PLAISIR!





jeudi 15 mai 2014

90 jours... épisode 3




               Hier avec Filfish on s’est tapé quatorze heures de route, retour d’une semaine de pêche intensive en Extremadure. Le but de notre expédition était la capture de poissons monstrueux à la fois par nos leurres mais aussi par la vidéo. Mais le résultat ne fut pas du tout à la hauteur de nos espérances… 
Une semaine difficile avec certes du poisson mais pas vraiment ce pourquoi nous avions fait tant de route.
Quand ça se passe comme ça on s’acharne, on s’énerve, on pêche tous les jours durant 12 heures mais la nature, elle, ne bronche pas. Des gros poissons?? Ah oui on en a vu!! Des suivis de poissons estimés à largement 1m20.. Des vaches, d'énormes vaches hyper grasses et quand on voit la défense d'un brochet de quatre vingt centimètres on ose même pas imaginer la décharge que peut procurer les plus gros spécimens.
Comment faire passer cette frustration ??? Tenter de revenir?  Surement mais nos régions ont aussi du potentiel, enfin un peu...
Ici les cours d’eau me paraissent ridicules par rapport aux lacs espagnols et pourtant je le sais que trop bien, il y a de très beaux poissons que je n’ai toujours pas réussi a leurrer.

Mon sang n’a fait qu’un tour, j’ouvre ma valise, déniche mon moulinet mouche, l’inévitable épuisette, le gilet, les waders, les boîtes de mouches et la canne. Ah oui j’oubliais le bidon d’eau !
Me voilà parti pour un spot que j’adore fréquenter ! Très peu de personnes connaissent cet endroit et pour cause. Il est sauvage, calme et encore préservé des piqueniqueurs pollueurs !!!
Sur place, l’eau est super claire, quelques bourres de peuplier tombent des branches, on croirait qu’il neige.
Cette eau cristalline me plonge directement dans une attitude des plus discrètes. Il va falloir être malin, très malin.
Je repère déjà quelques chevesnes et un lot de quatre carpes en train de s’alimenter.
Ça s’annonce pas mal du tout cette histoire !
Ici les poissons connaissent mes mouches et mes mouches connaissent les poissons... Enfin bref, j’enchaine les refus de chevesnes… Ils connaissent la musique les cocos ! 
En ce début de saison, toutes mes mouches hivernales y passent : pompons noirs, perles jaunes, imitations de graines, rien ne leur va.   Quelle bande de difficiles!!!!!!
Je décide donc de passer sur de la protéine animale, une belle petite imitation de larve de libellule verte et c’est parti, un chevesne suit, j’accélère mes tirées quand il se fait doubler par un bien plus gros. 
Le voila qui arrive comme une fusée, ouvre grand sa gueule, la mouche a disparu, j’envoie un bon ferrage qui le fera réagir d’une majestueuse chandelle !! Il a du jus et se débat comme un chef ! 
Quelques instants après je peux contempler surement mon plus gros chevesne pris jusqu’ici à la mouche.
C’est un bon début !






  Une fois ce poisson relâché j’aperçois une carpe en train de fouiller le fond, comme assez souvent elle est suivie de très prés par une perche. Ces dernières essayent de récupérer de la nourriture soulevée par la carpe en fouille.
Tentant de pêcher la carpe c’est la perche qui succomba à ma mouche ! Héhé ce n’est pas souvent que je les traque à la mouche et ça fait super plaisir !

  La chasse reprend, plusieurs carpes se sont rassemblées et fouillent le fond. Je ne vois que leur nageoire caudale. Elles doivent être une dizaine mais impossible de les intéresser, l’eau est marron, elles ne doivent pas distinguer ma mouche tellement les sédiments sont retournés. Regroupées, elles sont sur le qui vive, la moindre alerte les effraye, je ne peux qu'admirer le spectacle.
C’est quand même incroyable de se dire que j’ai dix carpes devant moi et qu’aucune ne mordra !
Je suis en pleine remise en question quand mon regard fut comme détourné vers la berge, une grosse masse sombre bouge lentement à l’ombre d’une branche.
Cette carpe est en plein repas, elle à l’air monstrueuse. Pas de précipitation, je prends le temps d’une approche parfaite, je dois maintenant être à trois mètres du bestiau.
Ce genre de poisson ne se laisse pas surprendre par la première mouche venue…
Je repense alors à tout ce qu’il faut mettre en œuvre pour réussir à leurrer un tel poisson, un véritable casse tête chinois. Je le sais, je n’aurais qu’une chance.
Je choisis la mouche la plus simple que j’ai dans ma boîte, un gros pompon de poils synthétiques noirs monté sur un hameçon fort de fer, capable de résister à la puissance de ce genre de tracteur.
Je m'applique sur le lancé et dépose ma mouche devant l’énorme bouche du poisson, en l’espace d’une demi seconde elle s’arrêta de manger, releva la tête et aspira ma mouche !
Je n’en crois pas mes yeux  et réagis d’un gros ferrage ! BOOOOOOMMMM !
Il ne fallait pas trembler mais tout va s'accélérer! Elle est au bout du fil à trois mètres de moi et démarre en trombe vers le large !! Mais quelle puissance, je ne peux rien faire d’autre que régler au mieux le frein de mon moulinet.
Elle me prend dix mètres, vingt mètres, cinquante mètres, peut être soixante dix mètres de fil avant que je ne puisse commencer à réagir. C’est la guerre !!!!!!!!!


La canne est pliée, le carbone craque, le frein hurle, mes jambes tremblent, le combat bât son plein.
Il me faut anticiper les tentatives de décroche et d’embuscade dans les branches des différents arbres morts qui jonchent les berges. Il faut aussi que je prépare l’épuisette et l’appareil photo.
Tout ceci se fera un peu dans l’urgence. Elle ne veut pas se livrer et mon bras tétanise.
Chaque coup de tête doit être absorbé afin de ne pas rompre mon bas de ligne de 30 centièmes en fluorocarbone.


Mais ça y est, elle se rapproche, mètres après mètres je comprends que c’est surement ma plus grosse carpe, je place l’épuisette, accuse encore quelques rushs mais elle est fatiguée et se laisse entourer des mailles plastifiées de mon épuisette. Soulagement!


    Le temps vient de s’arrêter, je n’osais pas y croire et elle est là à reprendre ses esprits à mes pieds. C’est pour moi une réelle victoire car croyez moi, hormis la part de chance immuable à la pêche, un tel poisson ça se mérite !
Je la saisis pour l’image souvenir et je réalise qu’elle est vraiment lourde, j’ai même du mal à la présenter correctement mais trêve de manipulations il est grand temps pour elle de rejoindre son élément.

  Après cette exceptionnelle prise  et comme si les dieux de la pêche m’avaient rejoint depuis mon retour d’Extrémadure, je réussi à piquer deux autres poissons.
La première m’a surpris par sa violence, un combat exceptionnel et la petite dernière est un vrai bijou, un lingot d’or qui je l’espère deviendra aussi grosse que BIG MAMA !!!!!!!!!





C’est sur cette incroyable session que s’achève la petite série d’épisodes « 90 jours ». 
Un article surprise sur un voyage au pays des énormes truites de lac sera dévoilé dans un prochain numéro de FISHME.

En attendant j’vais peut être aller à la pêche….