Honnêtement
ce papier, je n’avais aucune envie de le faire mais bon. Quand on a un blog et
que ça part en "live", à cette époque où tout le monde commente tout je me sens
un peu comme obligé de donner mon point de vue. Arf et ce titre, bin c’est comme
dire « On a du pain sur la planche » mais en plus cooool !
Ces derniers
temps la polémique bat son plein: Interdire la pêche à Paris sous
prétexte que le poisson n’est pas propre à la consommation. Assos qui montent
au créneau, élus qui s’y mettent et c’est partit, FEU ! La guerre est déclarée.
Un contexte
à la mode où l’humain des villes se rend
compte qu’il n’est pas le seul être vivant de la planète…
La (soit disant) notion
de douleur infligée aux poissons et le (soit disant) sadisme des pêcheurs
no-kill en est le débât. On a à faire à un questionnement, une remise en question voir même la découverte de cette
drôle d’activité pour le grand public.
Est-ce vrai, est-ce faux ? Certains défendent leurs idées, d’autres leurs
libertés ou encore leur passion. Le fracas est détonant, les explosions sont
sanglantes : menaces, insultes en tout genre waouuu ça fuse dans tous les
sens mais sans réelle progression.
Avoir confié
cette problématique aux réseaux sociaux c’est formidable. Vous ne trouvez pas
qu’on a le même comportement sur face book qu’en voiture ? Les types s’énervent
super vite, klaxonnent comme des malades, sont prêts à se battre pour une
truite de bassine posée au sol (waouuu t'es malade, la tenue du fish mec, sacrilège!!)et disparaissent comme par magie. C’est ceux qui
s’énervent le plus, les plus indignés qu’on ne verra jamais faire un geste
pour le milieu, à croire que gueuler comme un porc sur facebook remplace de
vraies actions…
Revenons à notre affaire parisienne : Les réseaux sociaux
ils mettent leur nez partout et font tout péter dans la seconde. On envoie en
première ligne les écervelés qui, insultes misogynes au poing foncent têtes
blessées. S’en suivent des ripostes et
des contre ripostes, puis, les pêcheurs finissent par se tirer dessus; évidement :
-"C’est la faute des viandards ! Non c’est la faute des fédés qui foutent
rien ! Non c’est la faute de la carte de pêche qui est trop chère! Non, c’est la faute
des sponsos !! Non, celle des concours !! Non celle des Ricains qui
montrent le mauvais exemple ! Non, celle de ces putains d’ardillons qui
font mal ! Non c’est la faute aux poissons parce qu’ils ne sont pas assez
nombreux ! Non, c’est la faute de la pollution !!! Non celle de ces
truites arc en ciel qu’on balance par tonnes !"
C’est la foire à qui dit
mieux !!! Franchement j’en ai lu un paquet d’histoires et à la fin vous
savez quoi? Et bien on n’est même plus capable d’avoir une opinion. Bien sûr je
ne vous oublie pas, vous qui avez pris la peine d’essayer de vite faire oublier
ces réactions d’abrutis mais les discours pédagogiques apaisants qui tentent
d’élever le débat paraissent inutiles voir impuissant face à cette débâcle
tenue de main ferme par les crétins du
net. Il existe une pétition mise en place par les pêcheurs et pour les soutenir il suffira d'un clic: https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/peche-paris/40699
Mais dans le vrai c’est
quand même vous qu’on écoutera !! (Oui, il faut rester positif et constructifs
et j’en remercie tous ceux qui le sont !)L’avantage sur les réseaux
sociaux c’est que l’on est passé du consommable au consumable. Tout disparait
aussi vite que c’est arrivé. "Ce message s’autodétruira dans 10 secondes !"
Oui-oui je sais on pourra quand même tout retrouver mais le bulldozer crée par
face book et ses copains recouvre très vite son chantier. Cependant on a
nourrit l’ennemi et ça, ça restera.
En
tout cas comme dirait Nicolas Hulot « Il est déjà trop tard pour être
pessimiste ». Alors bougeons, ensemble, pas forcément contre ces gens avec
qui nous communiquons mal mais pour le milieu naturel, pour les poissons, pour les générations futures, pour la pêche de loisirs.
Notre chevesne national, toujours présent pour le plaisir des pêcheurs |
La notion de
souffrance animale:
Pour faire
simple le poisson ressent les choses mais les informations ne sont pas
retranscrites comme chez l’être humain. A mon sens les terminaisons nerveuses sont bien là mais
réglées différemment et ce n’est pas une histoire de cerveau limité ; bien
au contraire. Son évolution lui permet de se nourrir sans être gêné par les
épines, les carapaces et autres armes de défense de ses proies.
On peut donc
espérer qu’il ne souffre pas de la présence de l’hameçon et c’est ce que
démontrent pour l’instant les études. Je ne vous cache pas que j’aimerai que
les choses soient encore plus claires car se mettre des œillères en se
persuadant trop facilement de quelque chose d’aussi grave me gêne. Par ailleurs
il est démontré chaque jour que le no-kill (qui a des règles strictes de
respect et de fonctionnement) fonctionne très bien et n’endommage ni la santé physique
du poisson ni sa santé mentale. Il suffit de voir son comportement suite à sa
remise à l’eau où le poisson reprend sa vie comme si rien ne s’était passé et
peut même être repris quelques heures après. (ça m’est déjà arrivé à plusieurs
reprises).
Par ailleurs
et avec plus de légèreté il me semble essentiel que chaque pêcheur en ait
conscience, je l’ai déjà évoqué sur le blog, que notre passion peut paraitre
hyper chelou.
Qu’est ce qu’on branle à se prendre en photo avec un
poisson ??? Mettez-vous à la place d’une personne qui n’y connait
strictement rien et à qui on a rapidement expliqué que le pêcheur 2.0 s’amuse à
planter un hameçon dans un poisson pour se venter par la suite, photo à l’appui
de l’avoir capturé.
On a franchement un sacré taf en matière de communication
avant que notre interlocuteur puisse dire « ah ouais je comprends »….
Déjà il faut le reconnaitre, notre passion touche au vivant et se doit d’être
hyper respectueuse. Le mot respect en est le mot clef.
Black bass pris pendant les rencontres de la superbe association Black bass France qui œuvre en faveur de ce poisson de sport qui supporte très bien le catch and release |
Le pêcheur no-kill a des
devoirs et il doit se demander une première chose : Pourquoi il fait
ça ? Plaisir de déconnecter, d’être au bord de l’eau, de capturer un
poisson, d’être seul ou entre amis….
Ensuite, il doit réfléchir, étudier et
apprendre pendant des années, à commencer par la connaissance du milieu et des
mœurs des poissons.
Pour finir, l’aspect
technique de sa pratique : Comment pêcher et surtout relâcher ses prises avec
le moins d’impact possible. Toute la partie invisible de l’iceberg c’est ça,
notre travail de fond :
-"Respecter les cycles de vie et de repro, ne pas matraquer
les spots, se mouiller les mains avant de toucher le poisson, le laisser dans
une épuisette reprendre des forces et ses esprits, pêcher sans ardillon, le
manipuler le moins possible et au-dessus de l’eau, avoir préparé son matos
photo pendant que le fish est dans l’épuisette (dans l’eau) faire le minimum de
clichés et relâcher le poisson avec douceur et amour."
Voilà ce qui me vient à l’esprit
mais tout ça se forge année après année, c’est ce que l’on garde pour nous dans
notre tête par contre la partie visible de l’iceberg se résume en un instant,
un clic produit par l’appareil photo.
Ce souvenir d’un sourire bras tendus qui
prône la beauté de la nature. Comme un enfant qui tend une fleur à sa mère le
pêcheur tend son poisson au reste du monde.
Ce message a sa part sociale car en
effet le pêcheur existe auprès des autres et par ce geste crée sa place dans un
« système humain » en crise au sein d’un écosystème naturel en
destruction. L’Homme est lié à la nature depuis toujours mais ce lien se perd.
Aujourd’hui
le pêcheur garde les séquelles de ses ancêtres qui le poussent à revenir
traquer les poissons au bord de l’eau mais aussi être garant de la santé de ces
milieux essentiels mais extrêmement fragiles en agissant directement sur ces
milieux. (Présence et surveillance, entretien, dépollution, suivi de la faune
et de la flore, élimination des invasives etc etc)
Aujourd’hui le pêcheur
devenu "no-kill" a remplacé son panier par un simple appareil photo mais le plaisir de
la traque, de la capture est toujours palpable. Il est contemplatif, il
prend énormément de plaisir à s’épanouir au bord de sa rivière qu’il protège,
qu’il nettoie, qu’il s’est approprié. Il en est d’autant plus fier lorsqu’il
finit par leurrer un poisson avant d’ancrer à jamais son souvenir dans sa
mémoire.
Superbe chevesne pris à la mouche, pas d'ardillon=remise à l'eau facile |
Vous voyez,
notre passion est belle elle et même ultra passionnante mais ce qu’il faudrait, c’est
que tous ces pêcheurs qui se sont insurgés face à la menace de se voir interdire
leur petit plaisir ne restent pas derrière leur petit smartphone à piailler!
Ils
se doivent, nous nous devons de mettre la main à la patte et à faire partie du système en
rejoignant nos AAPPMA, c’est le seul moyen de faire bouger les choses.
AGIR !
Pour finir je vous laisse avec deux carpes prises le 12 Novembre 2017 à la
mouche en soie de 8… Une belle et une grosse grosse tatane qui m’en a fait baver !
Allé bizzzzz
la Scierra Salis en soie de 8 a craqué une première fois avant de se voir pliée en deux sur la grosse mémère d'en dessous! |
Le graal qui vient enfin récompenser tous les efforts du pêcheur 2.0, celui de 2018 |
Pour poursuivre sur le sujet, je vous invite à lire ce super articles des copains expat au Québec "crinqués de pêche": http://crinquedepeche.blogspot.fr/2018/03/lhistoire-de-jean-luc-la-perche.html
Bravo !
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